Chronique d'un village

Ce blog est destiné à vous narrer sous une forme satirique et humoristique les petites histoires d'un village que j'ai surnommé Garsson - c'est un village imaginaire que vous ne trouverez donc nulle part dans l'annuaire des villes et villages de France - mais il comporte de nombreuses analogies avec celui où je vis depuis quarante ans.

Pendant tout ce temps et suite à des évènements divers, j'ai connu tous les ingrédients qui pourraient alimenter une sorte de gazette de village - celui-ci pourrait d'ailleurs se situer partout et n'importe où dans l'hexagone - à travers ses mœurs séculaires, ses non-dits et ses petites querelles mesquines.

Il y a de grands soirs où les villages meurent
Après que les pigeons sont rentrés se coucher.
Ils meurent, doucement, avec le bruit de l'heure
Et le cri bleu des hirondelles au clocher...

Henry Bataille (1872-1922)

mercredi 27 juin 2018

LA ROUTE DES CHICANES

Dans ce blog satirique, les personnages sont sortis de l'imaginaire et de stricte invention : toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé et toute homonymie avec des noms propres ou des noms privés ne serait que pure coïncidence.


image empruntée à Lusille17.centerblog

Le feuilleton concernant la route des chicanes de NDLL est provisoirement clos depuis le 15 Juin date à laquelle s'est ouvert la coupe du monde de la FIFA et, depuis, on n'entend plus parler que de la planète foot sur toutes les télés et dans tous les conciles. D'ailleurs, à croire les critiques des journalistes footeux, le match des Bleus contre le Danemark auraient plongé tous les supporters dans une profonde léthargie. Cela va sûrement redonner du dynamisme aux entreprises dont les patrons ont donné autorisation à leurs employés de regarder les matchs des Bleus. Ils auraient mieux fait de leur conseiller carrément la sieste mais, bon.

Revenons platement dans la commune où une portion de la route des Vins, alias la route des chicanes, ne plongent pas les riverains dans une profonde apathie mais plutôt dans une certaine perplexité à voir l'ampleur des travaux entrepris pour réaliser un cheminement piétonnier ou cyclable. Le revêtement sur la partie droite de la route (celle des numéros pairs) ressemble à une table de billard. Ce cheminement rétrécit inévitablement la voie alors que précédemment, les voitures avaient déjà du mal à se croiser. 

Pour la petite histoire, cette première portion de la route des Vins tire son nom du fait que dans le temps jadis, les patrons des tanneries de la grande ville d'à côté offraient à leurs salariés méritants une toute petite parcelle de terrain tout autour de ce qui n'était encore alors qu'un chemin, parcelles délimitées par des passages dits "de brouette" pour y planter de la vigne pour leur consommation personnelle. Entre-nous soi-dit, cela devait être tout de même de sacrées "piquettes". Sur les cadastres de l'époque, on remarque bien toutes ces petites parcelles entourées de passages de brouettes.

Aujourd'hui, plus de cépages de grands crus, la route est maintenant bordée de propriétés immobilières dont la plupart très contemporaines. Quant aux travaux entrepris actuellement, les riverains commencent à se poser certaines questions et à se demander quelle est l'utilité de la chose alors que l'autre portion de route droite et rectiligne ne comporte pas de cheminement piétonnier ni piste cyclable. En 1880 lorsque cette deuxième portion a été tracée dans les bois, à cette époque, les piétons n'avaient pas la crainte des voitures. La route leur appartenait. Cette deuxième portion a été tracée par le conseil municipal déjà suite à une pétition. 

Ces travaux ont permis aux riverains du côté droit de la route d'avoir une entrée proprement goudronnée. Alors les habitants de la rive gauche les considèrent comme des nantis. Il en va d'ailleurs de même pour les habitants des autres voies communales. "Pourquoi pas nous ?" "Qui qu'c'est qui paye encore tout çà ?".

Comme tout commence par une pétition que ce soit pour le tracé d'une route ou le ralentissement des usagers, c'est ainsi qu'une pétition déposée en 2008 sur le bureau du Maire demandait une temporisation de la vitesse des automobilistes sur la première portion de cette voie (voir article "Une piste cyclable sur une route merdique".) alors que les usagers en fait ne sont que les riverains de la dite route. 

Le responsable de la voierie de la CDC de l'époque, délégué à la réunion, s'était sans doute promis de donner satisfaction aux pétitionnaires en leur donnant véritablement l'occasion de ralentir car effectivement, aujourd'hui, il convient de ralentir pour se croiser sur la route des Chicanes !




dimanche 27 mai 2018

JE VAIS BIENTÔT RECEVOIR LA MÉDAILLE DES ANCIENS COMBATTANTS DE MAI 68 POUR HAUTS FAITS DE RÉSISTANCE À L'ORDRE ÉTABLI !

Courrier de l'Ouest 27 Mai 2018


Extrait du Courrier de l'Ouest - page 4 - de l'édition du 27 Mai 2018
Extrait du Courrier de l'Ouest - page 4 - de l'édition du 27 Mai 2018
Extrait du Courrier de l'Ouest - page 4 - de l'édition du 27 Mai 2018
Extrait du Courrier de l'Ouest - page 4 - de l'édition du 27 Mai 2018                                                                   +

samedi 6 janvier 2018

UNE PISTE CYCLABLE SUR UNE ROUTE MERDIQUE

Dans ce blog satirique, les personnages sont sortis de l'imaginaire et de stricte invention : toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé et toute homonymie avec des noms propres ou des noms privés ne serait que pure coïncidence.








Lors d'une réunion en petit comité restreint organisée après une pétition en bonne et due forme sur le mauvais état de la Route des Vins, il y a bientôt dix ans de cela, le Maire, sans doute pour calmer les esprits, avait suggéré de supprimer les fossés d'un côté de la voie pour aménager une piste cyclable. Il faut déjà l'inventer celle-là car sur cette route merd...  et le mot "merdique" n'est pas trop fort : d'une part, les constructions se sont accrues depuis une décennie avec un urbanisme "à la sauvage", d'autre part, les riverains roulent vite et c'est pour cette raison-là que les habitants à l'époque s'en étaient offusqués au point de faire circuler une pétition. Mais, désolée, sur cette route, les usagers sont à 90 % des riverains. En plus, pour rajouter du foutoir, les véhicules stationnent souvent sur le bas-côté alors pour circuler : difficile de se croiser à tel point qu'ils nous ont "pondu" une aire pour se rabattre au cas où ...  

Lorsqu’il entend parler de piste cyclable, le cycliste lambda entrevoit une sorte de paradis sur terre...
Il imagine une route dédiée à la pratique du vélo en toute sécurité sans avoir à affronter les monstres motorisés, les frôleurs pervers, ceux qui n'ont jamais utilisé de vélo de leur vie et se demandent qu'est-ce-que c'est que cette espèce d'usager de la route. Enfin, il rêve d'une terre de Liberté au-delà des frontières de sa propriété, une enclave de tranquillité et de quiétude dans le monde impitoyable des adeptes de l'explosion des engins à moteur. Alors là, pour le coup, nous, on est loin du compte...

Avec la nouvelle loi sur la constructibilité en zones agricoles qui a supprimé purement et simplement le coefficient d'occupation des sols, les terrains sont maintenant de plus en plus petits ce qui se traduit par des entrées au ras de la route et les occupants sont parfois obligés de sortir en marche arrière de leur propriété rétrécie. Les cyclistes qui viendraient à s'aventurer sur cette route devraient alors porter un casque lourd ou un gros gyrophare, au minimum, pour leur sécurité.   

Depuis cet épisode de réunion après pétition, on entendait plus parler de piste cyclable. On nous a bien mis un panneau "50" que, d'ailleurs, personne ne respecte, il faut rouler à 50 sur cette route alors qu'ensuite, dans les virages pour retrouver la deuxième portion de route, les panneaux sont à 70. Comprenne qui voudra !  On s'était dit, çà y est, ils ont compris, il y a eut, un impair, une "dérive" sur la piste cyclable.

Mais voilà que le serpent de mer ressurgit tout à coup dans le flash-infos de décembre 2017. Reconnaissons, pour être honnête, celui-ci était moins fastidieux à lire que celui des autres années. Il n'y avait pas de phrases trop alambiquées. Une ou deux ont cependant retenu notre attention "les constructions repartent d'un bon train" çà on a remarqué : un peu à la "va comme je te pousse" mais bon ...les règles de construction sont fluctuantes et cela donne un ensemble assez disparate. Mais ce qui a surpris le plus : "La Route des Vins va être dotée d'un cheminement sécurisé sur un côté". 

Là c'est un scoop ! Alors piste cyclable ou "cheminement sécurisé" that is the question. Les supputations vont bon train. La plupart de ceux qui s'interrogent reparlent d'une piste cyclable. Attendons à voir.
  




vendredi 17 novembre 2017

ALLEZ GARSSON !

Dans ce blog satirique, les personnages sont sortis de l'imaginaire et de stricte invention : toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé et toute homonymie avec des noms propres ou des noms privés ne serait que pure coïncidence.






L'Olympic de Garsson va fêter ses 40 ans en 2018 : Punaise ! cela fait un bail que l'on est là quand même ! avec des hauts et des bas au cours de l'histoire ; On en convient, mais créer le club, en 1978, dans les conditions qui se présentaient à l'époque, il fallait le faire. Bref, c'étaient les temps héroïques.

Les joueurs qui évoluent dans l'équipe première du club aujourd'hui sont comme dans la chanson "Allez les Verts" de la grande équipe de Saint-Etienne des années 80, eux jouent au football et ils n'ont pas de frontières. Dans les équipes, il n'y a pas de joueurs du village. Les joueurs sont recrutés dans les communes environnantes. Et ils n'ont pas le triomphe modeste.

En 1978, quand le club a été créé, l'équipe première est montée de division dès la fin de la première saison. Cette performance fut le fruit d'un travail acharné du président-fondateur passionné qui deviendra par la suite maire de son village. Il savait transmettre à ses équipes le feu sacré sans lequel évidemment de tels exploits sont impossibles. Elle fut aussi le rendement d'un entraineur performant, de joueurs motivés par l'euphorie de la création du club et par la forte implication des bénévoles venus des quatre coins de la commune. 

Bien sûr, l"amateurisme" d'un club local de 3ème division n'a plus grand chose à voir avec celui d'antan. Les joueurs ont d'autres ambitions. Reste que la proximité avec les supporters surtout le pot d'après-match partagé dans une ambiance amicale, les kermesses organisées tous les ans à la Pentecôte dans le but de renflouer les caisses du club, les bals improvisés le soir dans une atmosphère festive après le méchoui rôti dans l'après-midi sur des charbons ardents et servi avec sangria à volonté, tous ces petits rituels fondent la légende d'un club.


Aujourd'hui, le cercle des supporters semble assez restreint. Dernièrement, le club rencontrait dans un département voisin, dans le cadre d'un championnat régional, une formation évoluant trois divisions au-dessus de la leur. Les joueurs de Garsson n'ont pas démérité bien au contraire. Mais les seuls supporters hormis les proches des joueurs étaient le Maire et l'ancien Maire qui a fondé le club....  

J'ose imaginer la même rencontre il y a quarante ans dans un département voisin. Hors département, on ne pouvait qu'espérer des matchs amicaux car le championnat était départemental et non régional. Mais si la même chose s'était produit, il aurait fallut un car pour déplacer le cercle des supporters tant les jeunes et les "tifosi" étaient euphoriques à l'époque.

Il faut bien dire que lorsque le Président-fondateur a créé le club, il l'a fait pour les séniors, bien sûr, qui évoluaient auparavant dans des clubs tout autour du village. Mais il l'a fait aussi pour les jeunes et moins-jeunes car il a créé en même temps une école de football à laquelle il donnait beaucoup de son temps. A l'époque, il y avait deux équipes séniors, une équipe vétéran, une équipe minimes, une équipe poussins et une équipe cadets. Sans oublier une équipe féminine qui avait aussi de solides prétentions. 

Aujourd'hui, les dirigeants ne s'emm...... ne s'embêtent pas avec une école de football, ils ne sont pas là pour çà, ils sont là pour jouer au foot et se faire plaisir, entre-eux. Point barre.
 

mercredi 17 mai 2017

LE VILLAGE AUJOURD'HUI C'EST COMME LA PLAINE DE WATERLOO DU TEMPS DE NAPOLÉON : MORNE AU POSSIBLE !

Dans ce blog satirique, les personnages sont sortis de l'imaginaire et de stricte invention : toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé et toute homonymie avec des noms propres ou des noms privés ne serait que pure coïncidence.



Quand j'étais collégienne, j'ai appris un poème de Victor Hugo celui dont le premier vers est resté célèbre :

  "Waterloo ! Waterloo ! Waterloo ! Morne Plaine !

    Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine !
                                                    .....
    Ô Waterloo ! je pleure et je m'arrête, hélas !"


C'était lugubre, c'était "morne" et récité d'une voix sépulcrale. A nous ficher la trouille. Par dessus le marché, le français nous était enseigné par un professeur nommé Mr Morne. L'atmosphère était donc complète à l'unisson de la poésie de Victor Hugo car ce Monsieur était froid et sévère. On avait intérêt à bien l'apprendre et c'est pour çà que je la connais encore presque par cœur.

Cela nous éloigne de Garsson mais quand j'ai traversé le bourg dernièrement, j'ai repensé à "Waterloo, morne plaine" sauf que je n'arpentais pas la plaine du Brabant comme Napoléon au soir du 18 Juin 1815 mais j'étais dans la rue principale du village. Changement de décor !

Dans cette rue, il y avait, il y a encore pas si longtemps, un restaurant qui contribua beaucoup à la renommée du patelin car il était situé près du barrage dont il portait le nom. On y mangeait une cuisine simple du terroir mais il était surtout réputé pour sa terrasse ouverte sur la rivière qui donnait à la belle saison un aspect plaisant avec ses tables de jardin et ses parasols, un air de villégiature. Les clients de la terrasse s'amusaient à regarder les pêcheurs venir taquiner le goujon à l'entrée du canal (le sandre en hiver) et les promeneurs musarder sur le chemin de halage. Des conversations s'engageaient sur le charme  des lieux et la couleur du temps ... C'était la qualité de la vie, c'était convivial. 

Désormais, rideau baissé, basta sur les tables et chaises de jardin sur la terrasse, le resto est fermé. De voir ce rideau noir à la place de la vitrine : quelle tristesse de se rappeler le bon temps. Sur la terrasse, n'en parlons pas ... 

Un autre constat en marchant vers l'église : le nombre de maisons vides s'est accru.
Je crois que c'est le même phénomène dans tous les villages et villes moyennes mais là, nous sommes tout de même pas loin de la grande ville. L'étalement urbain joue pour beaucoup et maintenant avec la nouvelle loi ALUR, on va accentuer cette densité d'urbanisation en dehors du bourg.

La France se révèle particulièrement touchée par cet assèchement des centre-bourgs. D’une part, parce que notre pays a toujours refusé de regrouper ses 36 000 communes, préférant procéder à des regroupements intercommunaux, ce qui a octroyé à chaque maire un pouvoir très important sur le territoire de sa commune. Trop important parfois par rapport aux aptitudes de certains. 

A gauche, en face la maison du passeur il y avait un bistrot ; il avait pris un sacré coup de vieux mais les nostalgiques ne l'ont pas oublié et il évoquait si bien la France des clochers, je parle du "Gardon Frétillant" du temps de Marie. On y accédait par quatre marches et on le désignait souvent sous le nom de "bistrot des quatre marches". Marie, on l'aimait bien et elle avait le don de plier du papier en forme de cônes pour les enfiler sur le goulot de ses bouteilles en guise de bouchon. Il y avait son compagnon René qui faisait la cuisine (le café se transformait en restaurant quand il en avait envie). C'étaient de bons vivants René et Marie, c'était le bon temps. 

Le restaurant a été vendu après la mort de Marie il y a de cela presque trente ans mais il n'a jamais été rénové avec goût depuis qu'il a été transformé complètement en maison d'habitation. On a l'impression que cette réfection a trainé en longueur puis bâclée, aucun cachet : c'est du gâchis.

Plus loin, à quelques mètres, il y a la boulangerie qui a souvent changé de gestionnaire. C'est au moins le cinquième ou le sixième depuis que je vis ici.
Devant l'entrée, il y a une énorme touffe d'herbe qui doit plaire aux habitants ou alors peut être est-elle indéracinable ... Bientôt ils vont pouvoir faire pousser du blé et celui-ci n'aura même pas besoin de faire tout le circuit de production : direct dans le fournil du boulanger.

A deux kilomètres du bourg, certains habitants sont encore excédés de voir un monticule de terre qui a été dressé le long du fossé pour ralentir les voitures. Ce talus date de quelques années mais ils ne se sont jamais habitués à le voir là ... Il faut dire que l'on voudrait connaître le degré de Q.I. de ceux qui ont inventé un tel obstacle pour le ralentissement des engins à moteur dans une courbe en plein carrefour. La municipalité en rejette immédiatement la responsabilité à la Communauté de communes. Il est vrai que tout ce qui est hors du bourg c'est du ressort de la CDC. Bon, ils avaient fait pourtant des efforts d'ingéniosité...

Dans la commune voisine, il y a un panneau clignotant qui te donne ta vitesse et le smiley qui fait la tête si tu vas trop vite. Il y en a un de chaque côté de la rue mais il y en a un qui est quand même mal placé : juste après un rond point ! celui-là contrairement à son voisin d'en face n'enregistre que des vitesses modérées à moins d'avoir traversé le rond-point à fond les gamelles. 

Dans notre village, pas de panneaux clignotants, pas de smileys (OK, pas de dépenses superflues) mais on nous a pondu un circuit de slaloms pour traverser le carrefour principal...  ils y ont mis le paquet !

Trouver des moyens ingénieux pour ralentir les voitures témoigne d'une activité intense de l'esprit en matière de sécurité routière.     







jeudi 15 décembre 2016

QUICONQUE SE MET À LIRE LE BULLETIN DE VŒUX DU MAIRE PEUT EN STOPPER IMMÉDIATEMENT LA LECTURE AVANT DE SE TIRER UNE BALLE DANS LA TÊTE !



Dans ce blog satirique, les personnages sont sortis de l'imaginaire et de stricte invention : toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé et toute homonymie avec des noms propres ou des noms privés ne serait que pure coïncidence.






Une fois de plus, notre édile communal, sentant venir la mort prochaine de l'année 2016, jugeant que le temps des vœux était arrivé, nous fait un bourrage de crane en règle après une description apocalyptique du monde. Un discours alarmiste pour un message de vœux, c'était bien la potion anxiogène qu'il nous fallait pour passer les fêtes de fin d'année !

Il fait une remarque tout de même "Pourtant les voix de l'alternative ont du mal à se faire entendre...." On savait que les voix du Seigneur étaient impénétrables mais on ignorait que celles de l'alternative se heurtaient à un dialogue de sourds.

Survient alors le sermon sur la décroissance en affirmant que "les problèmes ne seront pas résolus par un hypothétique retour de l'expansion économique assorti d'une débauche technologique...." et de préconiser les transitions...etc : le discours habituel du prêchi-prêcha sur le solaire et les éoliennes, etc... Cet inconscient vert qui devient explicite dans l'aile avancée des décroissants est profondément ambigu.


Les éoliennes, parlons-en : voilà bientôt trois semaines qu'il n'y a pas de vent sur notre pays (on a droit tous les jours, d'ailleurs, aux infos, à une séquence-pollution des grandes villes) ; or, sans vent, les éoliennes ne tournent pas, c'est comme les moulins à vent d'autrefois.

Enfin, pour finir une conclusion sur des mots optimistes : "d'ici, le regard peut porter loin et l'expérimentation locale contient de l'universel (?).

Parlons plutôt de leur expérimentation sur le plan national, au gouvernement depuis bientôt cinq ans, après avoir fait 2,5 % à l’élection présidentielle de 2012, et par la grâce d'une ancienne ministre du Travail, les Verts se sont retrouvés avec un groupe à l’Assemblée nationale et aussi au Sénat, dotés par conséquent d’une capacité de nuisance sans commune mesure avec leur poids électoral.

On peut citer l'exemple le plus flagrant, celui de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. 

Voilà un projet dont les premières études datent de 1963 (!) qui a respecté toutes les procédures exigées par les lois françaises : études préalables, concertations, études d’impact, déclarations d’utilité publique, permis d’aménager, permis de construire, procédures d’appel d’offres, signatures de contrats de PPP (partenariats public-privé) avec des opérateurs, de délégation de service public, etc. Toutes les décisions prises par les autorités publiques ont fait l’objet de recours judiciaires. Près de 150 décisions juridictionnelles ont été rendues confirmant la régularité des procédures. 

Le Président de la République a cru bon de consulter tous les habitants du département de Loire-Atlantique par voie de référendum et eux seuls ! (comme si les habitants de Vendée ou du Maine-et-Loire n'étaient pas aussi concernés que ceux d'Ancenis ou de Varades).

Bref, le résultat du référendum fut en faveur du projet.  Mais tout ceci a été balayé par une équipe minoritaire sans considération pour les surcoûts induits ! A ce niveau-là, la lâcheté politique est un culte. Bref, à cinq mois de l'élection présidentielle, on en est encore là. 

Vouloir profiter du bulletin municipal pour faire partager telle doctrine ou telle attitude en nous imposant des règles de conduite cela revient à faire planer quelque chose de malsain.

Laissons donc un instant les combats idéologiques et les grandes envolées lyriques et revenons à l'expérimentation locale...


En ce qui concerne la loi NOtre promulguée le 7 Août 2015 et portant sur la nouvelle réforme territoriale et notamment le regroupement de communes, on sent bien une certaine frilosité au niveau du conseil municipal concernant ce projet. Pour montrer leur désaccord, ils ont même été jusqu'à mettre un bandeau noir sur les panneaux de signalisation à l'entrée du village comme les étoffes de crêpe noir que les gens portaient autrefois autour du bras ou sur le manteau pour signaler qu'ils étaient en deuil... "Touche pas à mon village" doit être sans doute leur nouvelle devise.

Le regroupement de communes est une étape importante de la réforme territoriale. En 2016, 325 communes nouvelles ont été créées regroupant 1 111 communes. Il n'y a pas de perte d'identité puisque les anciennes communes restent des communes déléguées. Par contre, l'État encourage ce fusionnement avec une belle carotte financière à la clé ce qui n'est pas négligeable au moment où les collectivités territoriales font face à une baisse drastique des dotations de l'État.

Un village, au départ, je trouvais ça joli, sympa. Aragon, aussi d'ailleurs, aimait les villages, il a écrit "le conscrit aux cent villages" :

"Prairie adieu mon espérance
Adieu belle herbe adieu les blés
Et les raisins que j'ai foulés
Adieu mes eaux vives ma France
Adieu le ciel et la maison
Tuile saignante ardoise grise
Je vous laisse oiseaux les cerises
Les filles l'ombre et l'horizon
J'emmène avec moi pour bagage
Cent villages sans lien sinon...  "


C'était un hommage aux maquisards, à la Résistance. Par ailleurs, il ne lui serait pas venu à l'idée de vouloir instituer le village en modèle politique.

Mais un village aujourd'hui, ça ne me fait plus rêver. C'est l'ennui, les commerces disparaissent tour à tour, le bourg désert est en pleine léthargie.  Il est seulement animé ou plutôt agité par les passions élémentaires, les conflits de voisinage et miné à certaines périodes par des disputes politiques. 

Dans les années 70, un fanatique du ballon rond, nouvellement arrivé dans la commune et préoccupé du fait que de nombreux jeunes évoluaient dans les villages voisins, se décida à créer un club. Après une campagne chez les commerçants du bourg, un véritable engouement s'était manifesté et beaucoup de gens dans la commune, footballeurs ou non se sont lancés dans l'aventure avec enthousiasme : du jamais vu, des bénévoles se sont activés à la construction de vestiaires, de la main courante (le terrain n'étant pas municipal) puis des soirées dans l'ancienne cantine, kermesses, etc...  sont venus récompenser le bénévolat.

Cette formidable passion, ce travail inlassable des dirigeants pour l'aménagement du stade, nous ne pourrions pas le reproduire aujourd'hui même si, bien sûr, les principaux acteurs de cette création ont vieilli, mais surtout parce qu'il ne serait plus possible de générer un tel enthousiasme autour d'une association sportive ou autre. Maintenant les esprits sont ailleurs, les mentalités ont changé.
 
Pour ce qui en est de la commune nouvelle, aujourd'hui, nos élus locaux ne craignent pas le fait d'être "déconnectés" de la politique et de ne plus servir à rien mais surtout, ils ont peur que le parti représenté par celle-ci ne soit pas le leur, l'idéologie dont ils se réclament.