Chronique d'un village

Ce blog est destiné à vous narrer sous une forme satirique et humoristique les petites histoires d'un village que j'ai surnommé Garsson - c'est un village imaginaire que vous ne trouverez donc nulle part dans l'annuaire des villes et villages de France - mais il comporte de nombreuses analogies avec celui où je vis depuis une trentaine d'années.

Pendant tout ce temps et suite à des évènements divers, j'ai connu tous les ingrédients qui pourraient alimenter une sorte de gazette de village - celui-ci pourrait d'ailleurs se situer partout et n'importe où dans l'hexagone - à travers ses mœurs séculaires, ses non-dits et ses petites querelles mesquines.

Il y a de grands soirs où les villages meurent
Après que les pigeons sont rentrés se coucher.
Ils meurent, doucement, avec le bruit de l'heure
Et le cri bleu des hirondelles au clocher...

Henry Bataille (1872-1922)

lundi 23 mars 2015

PÉCAÏRE !

Dans ce blog satirique, les personnages sont sortis de l'imaginaire et de stricte invention : toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé et toute homonymie avec des noms propres ou des noms privés ne serait que pure coïncidence.


































 image humoristique empruntée à www.humour-blague.fr


L'affaire est sérieuse : le parti d'extrême droite qui se proclamait hier encore le premier parti de France, avec des accents triomphants d'un Maurice Thorez des années cinquante, est arrivé en tête des élections dans le village. Il en a fallut de peu qu'il ne le soit dans le canton car il talonne de près le parti de la majorité départementale qui a pris la tête du premier tour. J'ai beau regardé le canard dans tous les sens : il n'y a pas de doute : c'est la cata !

Et pourtant, quand le Titanic socialiste sombra dans le marigot des élections présidentielles de 2002, on a vu défiler la jeunesse des années quatre-vingt dix  "en groupe en ligue, en procession
                                                        en bannière, en slip, en veston" comme l'a chanté Jean Ferrat quand je suis allée le voir au Palais des Sports de Paris en 1970, dans ma période révolutionnaire, à l'époque où j'habitais Malakoff, cité de la région parisienne rouge écarlate en ce temps-là.

Elle n'a eu de cesse, cette jeunesse de manifester pendant une semaine, avec courage, sérieux et bonne conscience en scandant toujours à l'unisson les mêmes slogans hostiles au parti d'extrême droite. Je me souviens qu'au soir de ce 21 avril 2002, écoutant les commentateurs de télé, ils avaient tous la gravité qui seyait à l'instant : grosso modo la voix de Léon Zitrone commentant des obsèques nationales. Il est vrai que l'enjeu était d'importance s'agissant des élections présidentielles. 



Aucun pas de l'oie dans les rues et tout était rentré dans l'ordre au bout d'une semaine quand le Tétrarque corrézien fut réélu avec 82 % des voix. On peut dire que l'on avait vraiment assisté, cette année-là, à un sursaut "républicain" ! L'heure était si grave que l'on a vu des citoyens de gauche se boucher le nez en glissant un bulletin  Chirac dans l'urne pour sauver la République.

Et voilà que tous ces souvenirs nous remontent à la gueule, nous submergent à la vue des résultats de ce premier tour.

Mais foin de nostalgie bêtifiante, nous sommes en 2015. 

Dimanche soir, à regarder les chaînes de télé, le simple quidam avait du mal à s'y retrouver dans les résultats électoraux tant les décomptes étaient différents d'une chaîne à l'autre. L'enfumage a été total avec une addition des voix de droite hasardeuse tandis que celle des voix de gauche était tout aussi ridicule quand on sait qu'une moitié d'entre-elles combat l'autre moitié... Bizarrement, ils se retrouvaient tous réconciliés et tous les politiques, exceptés bien sûr ceux du Bleu marine, étaient tous d'accord pour reconnaître que ce n'était pas la déconfiture annoncée.


Pourquoi de tels scores dans notre région majoritairement rurale ? Pourquoi un nombre croissant d'habitants dans cette région relativement épargnée par le chômage, l'immigration et l'insécurité se révèle de plus en plus aux sirènes du parti d'extrême-droite :  d'après une enquête, ces gens-là seraient pour l’essentiel des déçus de la gauche, issus des milieux populaires et qui auraient basculé directement vers Bleu Marine, ils prétendent que "gauche" ou "droite", c'est comme "bonnet blanc, blanc bonnet" mais le parti d'extrême droite n'a jamais eu l'exercice du pouvoir ... "Bonnet blanc et blanc bonnet" la phrase popularisée par Jacques Duclos au moment de l'élection de Georges Pompidou n'est pas fausse mais par ces temps de crise que nous traversons, le gouvernement de gauche actuellement au pouvoir peut-il faire autrement qu'appliquer une politique de droite ? sinon ce serait foncer dans le mur en klaxonnant ! 

Notre Premier Ministre, dans une stratégie de diabolisation, n'avait pourtant pas lésiné sur la potion anxiogène prenant à partie tout le ban et l'arrière ban des croquemitaines politiques. Mais les médias nous ont habitués à ne s'intéresser qu'à l'écume, aux sous-entendus plutôt qu'au réel ou aux vraies valeurs. Dans une émission de L. Ruquier qui s'appelle "On n'est pas couché", j'ai apprécié toutefois les commentaires et je reconnais qu'ils nous ont gratifiés de catastrophisme concernant le parti d'extrême-droite avec de solides arguments.


Gardons espoir dans le deuxième tour.



mardi 10 mars 2015

UNE POMME DE DISCORDE AU MILIEU DU PATELIN : LE CITY STADE

Dans ce blog satirique, les personnages sont sortis de l'imaginaire et de stricte invention : toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé et toute homonymie avec des noms propres ou des noms privés ne serait que pure coïncidence.



 image humoristique empruntée à zeschoupatasblog.blogspot.fr


Le city-stade est à peine achevé qu'il est déjà le terrain de la discorde ou comme on le dit généralement : une "pomme de discorde" au milieu du village !

Depuis le retour des beaux jours, l'utilisation de cette installation est (déjà) interdite au grand dam des jeunes ados remontés après cette fermeture ; bref, le city-stade est au cœur des débats : il anime la gazette du village entre les riverains excédés, les ados avec leurs parents et la Municipalité.

Voilà qui justifiait peut-être le réveil inattendu de radio bobo. Il est vrai qu'on s'endormait depuis quelques temps...

City-stade veut dire stade dans la ville, c'est un équipement sportif très à la mode ; problème : il comporte des inconvénients. Au surplus, les périodes d'utilisation les plus intenses coïncident avec les périodes de beau temps là où les riverains aimeraient aussi profiter du soleil et de leur jardin pour apprécier le calme. Le city-stade c'est une vraie fausse bonne idée mais c'est surtout le pouvoir redoutable de nuisance urbaine.

Chacun a le droit de profiter paisiblement de sa propriété.

Il y a donc, en effet, une demande sociétale pour l'implantation de ces terrains en milieu habité, installés sans règles définies d'utilisation et surtout, sans précautions prises en amont pour leur implantation (il n'y aurait pas eu de concertation d'après les parties concernées dans le village).

En tout état de cause, cette fermeture a provoqué une mini-révolution chez les jeunes, ceux-ci allant même jusqu'à manifester en direction de la mairie avec banderole en tête mais personne ne semble avoir la solution. Soi-dit, on profite en passant du plaisir procuré par la séquence classique de 'l'arroseur arrosé" : le Maire utilisait il y a dix ans les jeunes contre ceux qui étaient en place, pour des projets délirants.

Il faut dire qu'il y a un temps pas très lointain où un simple boulodrome, aux beaux jours avec des parties souvent acharnées pouvait devenir assez bruyant. Celui du village était situé entre l'église et la rivière. Le stade de football quant à lui - sa création remonte à 1978 - avait été judicieusement placé en dehors du bourg. La salle des fêtes a été également éloignée pour ne pas gêner les habitants.

Inévitablement, l'implantation d'aires multi-sports de proximité avec libre d'accès d'utilisation et non encadrées, entraîne des conflits comme en témoigne les nombreux articles publiés dans la presse. Il n'y a donc que le bon sens des élus en concertation avec les riverains et les utilisateurs qui permettent de contenter tout le monde. 

En attendant, une pétition circule démarrée par de jeunes ados ; il n'y a jamais eu autant de pétitions dans ce village que depuis ces sept dernières années !



Quelques années plus tard ...

Au dernières nouvelles, le city stade créé toujours autant de nuisances dans le village, une nouvelle pétition circule émanant des riverains excédés, le Maire ne veut rien savoir et comme il n'est pas expert en logique "il laisse tomber ...".


Il était temps que ces personnes victimes de nuisances sonores ouvrent les yeux sur ce prévôt bien incompétent et ne  se contententnt pas de répéter "on nous l'avait pourtant bien dit !!"