Chronique d'un village

Ce blog est destiné à vous narrer sous une forme satirique et humoristique les petites histoires d'un village que j'ai surnommé Garsson - c'est un village imaginaire que vous ne trouverez donc nulle part dans l'annuaire des villes et villages de France - mais il comporte de nombreuses analogies avec celui où je vis depuis une trentaine d'années.

Pendant tout ce temps et suite à des évènements divers, j'ai connu tous les ingrédients qui pourraient alimenter une sorte de gazette de village - celui-ci pourrait d'ailleurs se situer partout et n'importe où dans l'hexagone - à travers ses mœurs séculaires, ses non-dits et ses petites querelles mesquines.

Il y a de grands soirs où les villages meurent
Après que les pigeons sont rentrés se coucher.
Ils meurent, doucement, avec le bruit de l'heure
Et le cri bleu des hirondelles au clocher...

Henry Bataille (1872-1922)

mercredi 25 mai 2016

LE VIDE-GRENIER TOMBE A L'EAU.

Dans ce blog satirique, les personnages sont sortis de l'imaginaire et de stricte invention : toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé et toute homonymie avec des noms propres ou des noms privés ne serait que pure coïncidence.





 image empruntée à Vallery-Gâtinais



En ces temps difficiles où l'anarchie règle ses comptes avec le gouvernement, la première préoccupation des français, c'est de trouver de l'essence.

On ne vit pas une période particulièrement faste mais laissons les anarchistes avec les utopistes de la Nuit Debout, version auberge espagnole d'excités qui refont le monde à longueur d'assemblées générales sur le pavé de Paris.

L'autre préoccupation première de nos compatriotes, c'est la brocante. 

Mai : "Joli mois de Mai
         Quand reviendras-tu
         Nous étions trois dames
         Sous un pommier doux ..." (chanson enfantine dans nos tendres années).

Bref, le mois de mai est un joli mois, le plus joli mois de l'année parait-il quand on s'en tient à la définition des cruciverbistes : un joli mois qui s'écrit en trois lettres sauf qu'il est aussi pourri que les autres dans les années calamiteuses. Or, le vide-grenier de l'école de Garsson se déroule traditionnellement en mai et le dimanche 22 mai de cette année restera dans les annales comme le plus pluvieux depuis un bail.

Une commune qui n'aurait pas un vide-grenier ou un bric-à-brac, voire même une brocante à son calendrier des fêtes serait la risée du canton.

Donc, aux aurores et quand il ne pleut pas des cordes, au cul d'une camionnette, les camelots du dimanche déballent un bric-à-brac immonde où s'entassent pêle-mêle appareils électriques antiques, poupées Barbie démantibulées, vieux outils agricoles, horloges "carillon" murales datant de la grand-mère, treillis militaires, jouets des enfants et j'en passe.   


Dans tous les régions de France, du nord au sud, c'est immuable, on voit partout la même "antiquaillerie" d'étalée sur le pavé. Ce n'est pas désagréable, quand il fait beau, de chiner entre les stands. Le vide-grenier c'est aussi comme une braderie car on peut se "nipper" à pas cher dans des fringues gentiment rococo.

Un jour, dans le midi, je me suis trouvée devant un stand d'une montagne de livres. Personne n'en voulait, Emmaüs n'en a pas voulu, ils en ont d'ailleurs tellement qu'ils ne savent plus qu'en faire. Des livres jetés sur le trottoir ne sont-ils pas un signe affligeant des temps présent et à venir. J'ai déniché dans cette bibliothèque improvisée des livres anciens pour quelques euros.

Cette foire aux souvenirs a quelque chose d'émouvant, elle réunit les collectionneurs qui cherchent leur graal et les simples promeneurs du dimanche qui s'attendrissent devant les objets du passé.  

Cela nous change-t- il pas un peu les idées de voir cette "nostalgie" au lieu de voir les scènes de violence relayées par les médias entre les casseurs et la police depuis le début de ce printemps.



- Au café à ct'heure ?, tu n'as pas de cœur.
- Oh si, il a même le manillon.