Chronique d'un village

Ce blog est destiné à vous narrer sous une forme satirique et humoristique les petites histoires d'un village que j'ai surnommé Garsson - c'est un village imaginaire que vous ne trouverez donc nulle part dans l'annuaire des villes et villages de France - mais il comporte de nombreuses analogies avec celui où je vis depuis une trentaine d'années.

Pendant tout ce temps et suite à des évènements divers, j'ai connu tous les ingrédients qui pourraient alimenter une sorte de gazette de village - celui-ci pourrait d'ailleurs se situer partout et n'importe où dans l'hexagone - à travers ses mœurs séculaires, ses non-dits et ses petites querelles mesquines.

Il y a de grands soirs où les villages meurent
Après que les pigeons sont rentrés se coucher.
Ils meurent, doucement, avec le bruit de l'heure
Et le cri bleu des hirondelles au clocher...

Henry Bataille (1872-1922)

mercredi 20 mai 2009

ARRIVEE A GARSSON-SUR-PRIS



à l'origine, il n'existait qu'un vieux pommier sur
notre terrain. (cet arbre fut très providentiel durant l'été torride de 1976...)



















Dans ce blog satirique, les lieux et personnages sont sortis de l'imaginaire et de stricte invention  :
Toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé et toute homonymie avec des noms propres et des noms de lieux privés ne serait que pure coïncidence.



Je me souviens de la première fois ou j'ai découvert le village, nous étions arrivés récemment dans la région et nous cherchions un "coin" pour pêcher :

Tout naturellement, nous avons découvert le canal poissonneux , la Pris, la pêche et... GARSSON. Le village, je le trouvais "mignon" mais sans plus puis, un jour, nous décidâmes de nous mettre en quête d'un terrain dans la région.

Seulement, voilà, nous avions longtemps rêvé de nous installer dans le village voisin de GARSSON où nous avions déjà quelques vagues relations avec le Maire d'alors et son épouse ; nous exploitions un jardin sur leur domaine. Puis un jour de la fin de l'année 1974, nous avons jeté notre dévolu sur un champ de maîs en vente depuis quelques temps chez un notaire de la région mais situé à trois kilomètres du bourg de GARSSON. Nous avons mis plusieurs semaines avant de nous décider à l'acheter, nous étions sans enthousiasme, nous pesions sans cesse "le pour et contre" puis un jour nous sommes revenus chez le notaire, il était toujours à vendre... nous l'avons acheté. 


Une famille paysanne nous a littéralement accaparés lorsque nous sommes arrivés sur les lieux de notre acquisition immobilière : nous avions été surpris au premier abord car nous n'avions pas l'habitude de côtoyer le monde de l'agriculture. Nous avons compris rapidement qu'ils faisaient partie de ces familles campagnardes qui ont toujours vécu et sont enracinés ici depuis des siècles et qu'ils sont plein de suspicion pour les "étrangers" venus d'ailleurs. Surtout pour ceux qui viennent s'approprier les terres pour lesquelles ils ont sué sang et eau : (on en fera l'expérience notamment 32 ans plus tard en achetant un terrain en bordure de notre propriété). On entre pas comme cela dans la "France Profonde". Il faut du temps dans la France rurale profonde pour être acceptés, pour s'intégrer, pour faire "ses preuves" car les bonnes vieilles habitudes ont la vie dure.

En matière d'argent, les paysans sont tenaces. Certaines familles se haïssent furieusement de génération en génération pour des "histoires" qui se perdent dans la nuit des temps, au seul motif, cependant, que "posséder la terre" attise toujours la convoitise des voisins. Bref, au détour des chemins creux englués de trous bourbeux, on continuait à s'étriper pour d'obscures raisons attendant l'occasion, au moment des élections, de régler leurs comptes allègrement selon leur bon vouloir ravis de pouvoir éliminer certains. 

Il n'y a pas si longtemps encore jusque vers la fin des années 50/60 où la modernité est apparue dans les campagnes, ils baignaient dans leurs fantasmes et leurs illusions car ils n'avaient jamais dépassé les frontières de leur canton ; ainsi donc,  jusqu'aux "trente glorieuses", la terre les faisait vivre et aujourd'hui, les vieux agriculteurs à la retraite ne pensent qu'à profiter de la spéculation foncière en voulant la vendre à tout prix "en terrains constructibles". Mais, même vendue, la terre leur appartient toujours. Des générations entières lui avaient consacré leur vie, ils s'étaient escrimé pour elle, dans les champs, en crachant avec délice dans leurs mains pour se donner du courage : LA TERRE LEUR APPARTENAIT TOUJOURS.

Surtout, il ne fallait pas attendre qu'elle aille aux autres ; alors, certains agriculteurs cherchaient sans aucun scrupule à acquérir la moindre parcelle guettant les faillites, les vieux à la retraite...
D'autres familles d'origine paysanne mais installées comme artisans depuis une ou deux générations sont tout aussi durs en affaires. La première commerçante que j'ai côtoyée, farouche partisane de l'école libre comme l'étaient beaucoup de ses concitoyens m'a engagée à mettre mes enfants dans l'école religieuse du village : chose que je n'ai pas faite bien qu'ayant eu par la suite qu'à me louer des enseignants de cette école mais surtout par conviction préférant laisser mes enfants qui étaient encore en bas-âge, scolarisés dans l'école où ils étaient inscrits précédemment et attendre que l'école publique de GARSSON s'ouvre aux enfants de la maternelle.



Beaucoup sont d'accord pour dire qu'en vivant parmi une population rurale, on devient le point de mire et le sujet de beaucoup de conversations.


Ainsi donc, dans les années 70, vient s'installer à la campagne une vague de nouveaux ruraux attirés par les terrains "bon marché" et profitant de la spéculation foncière à laquelle se livrent à la périphérie des villes grand nombre de paysans qui se voyaient passer une retraite paisible à l'abri du besoin. Une grande partie de ces néo ruraux qui ont aujourd'hui, également, atteint l'age de la retraite, s'installera durablement. Le conflit latent entre les anciens installés confortablement dans leur petite vie rurale et les nouveaux avait trouvé un débouché dans la politique et en 1983, deux listes s'affrontèrent (VOIR : article LES ELECTIONS MUNICIPALES).

Dans les années 80/90, suivirent deux nouvelles vagues d'arrivants amoureux de la propriété à la faveur des premiers lotissements construits derrière le bourg.
  Puis, depuis les années 2000, les derniers lotissements ont vu arriver une nouvelle génération de ceux que l'on appelle maintenant "les bourgeois bohêmes : les bobos" tous très sympathiques au demeurant, également amoureux de la propriété mais surtout consommateurs parmi lesquels deux bobos-écolos qui partirent à la chasse au pouvoir dès leur arrivée à Garsson.
 



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