Chronique d'un village

Ce blog est destiné à vous narrer sous une forme satirique et humoristique les petites histoires d'un village que j'ai surnommé Garsson - c'est un village imaginaire que vous ne trouverez donc nulle part dans l'annuaire des villes et villages de France - mais il comporte de nombreuses analogies avec celui où je vis depuis une trentaine d'années.

Pendant tout ce temps et suite à des évènements divers, j'ai connu tous les ingrédients qui pourraient alimenter une sorte de gazette de village - celui-ci pourrait d'ailleurs se situer partout et n'importe où dans l'hexagone - à travers ses mœurs séculaires, ses non-dits et ses petites querelles mesquines.

Il y a de grands soirs où les villages meurent
Après que les pigeons sont rentrés se coucher.
Ils meurent, doucement, avec le bruit de l'heure
Et le cri bleu des hirondelles au clocher...

Henry Bataille (1872-1922)

lundi 4 mars 2013

LE MARCHÉ BIO N'A PAS FAIT LONG FEU



Dans ce blog satirique, les personnages sont sortis de l'imaginaire et de stricte invention :
Toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé et toute homonymie avec des noms propres et des noms de lieux privés ne serait que pure coïncidence




 carte humoristique


L'ancienne municipalité avait eu l'idée d'organiser un marché bio bi-mensuel, les premier et troisième samedi de chaque mois. Nous étions donc en 2006. Les commerçants et producteurs vendaient des produits sains, naturels donc "bio", c'est-à-dire, issus de l'agriculture traditionnelle. 

La demande était paraît-il en constante augmentation donc, pas de souci, dès le début, le marché de Garsson a acquis une solide réputation à des lieux à la ronde et a connu une belle affluence. C'était principalement un marché paysan et l'on trouvait tout un éventail assez large de produits allant du miel d'abeilles aux fromages de chèvres en passant par l'huile de colza, les légumes anciens, le vin rouge et le pain bio. Ce marché se déroulait sur la Place des marcassins et ce, pendant trois heures durant ce qui était à mon humble avis, un peu court dans la durée car les gens qui venaient des alentours souvent arrivaient "à la fumée des cierges".

Je ne suis pas particulièrement accroc aux produits "bio" mais par curiosité, en 2007, je me suis rendue sur cette place d'ordinaire si calme sauf, l'été, pendant les interminables parties de boules qui se déroulent "à la fraîche".


Treize heures, le marché déballe, Dling, bing gleding, bling et voilà  : encore des siestes écrabouillées du côté de la Place des fainéants. Dling, bing, gleding bing, l'assaut sonore est donné et il ne s'agit plus d'un bruit mais d'une cascade de sons et des voix qui s'interpellent de part et d'autre. Tiens voilà les melons et les fraises qui s'étalent sur les étals parfumant l'air aux côtés des cerises et des abricots. Il y a aussi des variétés de tomates à l'ancienne très appétissantes. L'atmosphère s'alourdit. Je hume la délicate senteur du safran. Je traverse la place en respirant une odeur qui l'emporte sur toutes les autres : ce sont les chaudes et craquantes effluves du pain fabriquée dans le four banal du Manoir avec de la farine bio !


J'étais repartie du marché rassurée pensant que le marché bio avait encore des beaux jours devant lui, là,  il y avait la foule et les produits "verts" sont décidément très à la mode. Des commerçants nous ont assurés, par la suite, que ce marché était dynamique et très convivial et que la vente de produits alimentaires "bio" était en pleine expansion.

Or, patatras, la Mairie nous informe en décembre 2010 de la fermeture de ce marché. Pour un Maire étiqueté "Vert" fermer un marché bio, c'est quand même une histoire sidérante ! Il est vrai que ces "écolos" sont tous pétris de paradoxes ! 


Sabordé sans aucun doute par la nouvelle municipalité, le marché bio n'a pas fait long feu et en attendant, les paysans producteurs de bio du secteur ont pris leurs toques, cliques et claques et sont allés marchander ailleurs.

 

carte humoristique