Chronique d'un village

Ce blog est destiné à vous narrer sous une forme satirique et humoristique les petites histoires d'un village que j'ai surnommé Garsson - c'est un village imaginaire que vous ne trouverez donc nulle part dans l'annuaire des villes et villages de France - mais il comporte de nombreuses analogies avec celui où je vis depuis une trentaine d'années.

Pendant tout ce temps et suite à des évènements divers, j'ai connu tous les ingrédients qui pourraient alimenter une sorte de gazette de village - celui-ci pourrait d'ailleurs se situer partout et n'importe où dans l'hexagone - à travers ses mœurs séculaires, ses non-dits et ses petites querelles mesquines.

Il y a de grands soirs où les villages meurent
Après que les pigeons sont rentrés se coucher.
Ils meurent, doucement, avec le bruit de l'heure
Et le cri bleu des hirondelles au clocher...

Henry Bataille (1872-1922)

lundi 22 décembre 2014

POUR MEUBLER NOS LONGUES SOIRÉES D'HIVER...


Dans ce blog satirique, les personnages sont sortis de l'imaginaire et de stricte invention : toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé et toute homonymie avec des noms propres ou des noms privés ne serait que pure coïncidence.

illustration empruntée à Lusile17.centerblog.net
carte humoristique


En cette fin d'année, la programmation de nos chaînes de télévision va encore culminer sur des sommets d'ennui : c'est calme plat, "circulez, y'a rien à voir !" Comme tous les ans, on nous ressort les vieux succès cinématographiques qui datent de près de cinquante ans, des films que l'on a vu et revu maintes et maintes fois sur toutes les chaînes si bien qu'on les connait par cœur et ils finissent par ne plus avoir la même saveur. Ou bien, alors, ce sont les super héros descendus de je ne sais quelle planète, complètement débiles, que l'on nous balance à chaque instant.

On pourrait alors se consoler en allant voir les illuminations de Noël dans le village : peine perdue car de ce côté-là, il n'y a pas de quoi tomber en extase, seulement deux ou trois guirlandes qui se battent en duel au milieu du bourg ! On doit sûrement avoir décroché la cuillère de bois de tous les patelins aux alentours. On avait été habitués dans "une vie antérieure" à un peu plus de gaîté dans les rues au moment des fêtes : alors "dans les villes de grande solitude, nous les passants désenchantés" quand on s'ennuie plus que de coutume, il ne reste plus qu'à nous plonger... dans une saine lecture.





 humoristique : "désolé, je vous ai pris pour une station service".




 illustration empruntée à néo-planet.com

La lecture, vaste sujet. Montesquieu écrivait "Aimer lire, c'est faire un échange des heures d'ennui contre des heures délicieuses." Je suis de cet avis.

Le conseil municipal suggère quant à lui la création d'une bibliothèque. Je pense que le projet, par contre, n'est pas très innovant à l'heure où dans chaque chef-lieu de département ou de canton (bibliothèque intercommunale), il y a généralement une médiathèque ou chaque citoyen a accès à différents types de médias.

Dans ces établissements, des documents sonores et enregistrements vidéos viennent s'ajouter aux ouvrages écrits ; de plus, les supports numériques sont venus compléter les supports traditionnels : e-books (livres numériques) sur tablettes tactiles, liseuses, smartphones ou ordinateurs personnels. Donc, la création d'une bibliothèque municipale à proximité de deux médiathèques (celle du chef-lieu départemental et plus encore, la médiathèque intercommunale) me paraît totalement décalée !

La médiathèque intercommunale du chef-lieu de canton est riche de 15000 livres dont ceux à gros caractères, 1500 CD de tous les styles musicaux, plus de 15 abonnements, 3000 ouvrages de poésie contemporaine et bien sûr des ordinateurs multimédias accessibles à tous. Voilà un concept que ne peut égaler une bibliothèque d'un milieu rural.

Par ailleurs, le premier magistrat semble avoir soudainement et totalement occulté le fait qu'une étude avait déjà été réalisée, il y a une dizaine d'années, sur ce projet car des élus voulaient voir fleurir, à tout prix, "leur" bibliothèque municipale dans cette vieille école mais ils se sont heurtés et ils se heurteront toujours aux mêmes problèmes : ceux de la réhabilitation d'un bâtiment très vétuste en un local destiné à recevoir du public avec l'activité de "bibliothèque" laquelle activité est très spécifique. Il y a des normes à respecter, notamment celle de la charge au sol car les livres pèsent lourds.

Le coût de la transformation de ce vieux bâtiment en un outil performant et fiable avait donc déjà été étudié : il serait  énorme car le réaménagement est exorbitant (il faut du mobilier adapté car c'est un élément fondamental qui créé l'atmosphère et un revêtement de sol approprié afin qu'il n'y ait pas ou peu de bruit, une gestion par un personnel qualifié car c'est un lieu de rencontre et d'animations, etc..).

Les subventions accordées pour une bibliothèque en milieu rural ne sont pas automatiques et elles ne sont attribuées que selon des critères propres que nous venons de rappeler (nombre de m2, heures d'ouverture, budget d'acquisition, mobilier spécifique ). Souvent sont prises en compte les opérations d'aménagement (ou de construction) portant sur des bâtiments supérieurs à une surface minimale hors œuvre calculée en fonction du nombre d’habitants de la commune. 

Dans les familles des années 50/60, l’achat de livres était réservé aux seuls ouvrages indispensables et indémodables : dictionnaires,ouvrages sur la cuisine ou le jardinage et quelques grands classiques de la littérature. Pour le reste, on utilisait la bibliothèque municipale, une conquête du Front populaire soucieux de briser le monopole paroissial de la diffusion du livre dans les milieux populaires. Aujourd'hui, il conviendrait d'évoluer tout de même un peu...

Alors, il faut avoir des grandes ambitions à condition d'en avoir les moyens. Pendant ce temps-là, "il" accuse l'autre d'avoir plombé les finances de la commune ! Les mêmes causes auront fatalement les mêmes effets.    


carte humoristique


 
   

mercredi 11 juin 2014

LES QUERELLES DE CHAPELLE



Dans ce blog satirique, les personnages sont sortis de l'imaginaire et de stricte invention : toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé et toute homonymie avec des noms propres ou des noms privés ne serait que pure coïncidence.






Il y a de cela une dizaine d'années, en 2004, la Municipalité avait décidé de baptiser un emplacement situé entre l'école et le cimetière  : "Place du 19 Mars 1962" ou "Place des Anciens combattants" Mal lui en pris car au niveau des anciens d'Algérie, c'est compliqué... 

Une vieille querelle opposait la FNACA, d'obédience communiste aux autres associations d'anciens d'Algérie. La FNACA souhaitait que la date du 19 Mars, qui est celle des accords d'Evian, soit retenue comme date de la fin de la guerre d'Algérie. Or les autres associations contestent la légitimité de cette date et se refusent à retenir le 19 Mars comme date de commémoration. Un décret de septembre 2003 imposerait la date du 5 décembre.

Seulement, comme dans toute guerre, ce conflit a généré des exactions, des morts des deux côtés de la Méditerranée, civils comme militaires. Nous qui sommes les enfants du baby-boom n'avons pas connu la guerre (sauf celle d'Algérie) et les jeunes gens étaient trop jeunes en 1955/62 pour faire partie des appelés du contingent, nous ne comprenons pas ces querelles car pour nous, tous les appelés en Algérie combattaient tous sous le même drapeau. 

Pour en revenir à cette nouvelle place créée suite à la construction du groupe scolaire, elle fut finalement inaugurée et porte désormais le nom de "Place du Souvenir" afin de rassembler tous les morts de toutes les guerres dans la même reconnaissance, afin de ne pas être dans le déni des souffrances de tels groupes ou individus ayant vécu des évènements tragiques que ce soit au cours de la première ou de la seconde guerre mondiale ou pendant les guerres de décolonisation, en Indochine et en Algérie et, encore moins, de rentrer dans une logique de concurrence victimaire ou communautaire.

"La guerre d'Algérie a commencé en 1954 pour se terminer en 1962 bien qu'il y ait eu des troubles encore après. A l'époque, les gens de la rue parlaient de "guerre en Algérie" mais officiellement, les autorités parlaient seulement d'opération de maintien de l'ordre en raison des troubles qui s'y déroulaient. L'appellation de "guerre d'Algérie" ne date que de quelques années, précisément de 1999. On ne pouvait employer le terme de guerre pour une raison simple (en droit, seuls peuvent faire la guerre ceux qui ont la personnalité juridique de droit international parce qu'une déclaration de guerre est un traité et qu'il faut avoir la capacité juridique de le signer. De fait, il n'existait pas de déclaration de guerre de l'Algérie à la France en 1954, et pour cause, l'Algérie était sous administration française depuis plus d'un siècle". (wikipédia -guerre d'Algérie).



La paix en 18, 45, 54 et 62 a été chèrement acquise pour qu'elle demeure un bien infiniment précieux. Que les morts soient tombés dans les tranchées de 14/18, pendant leur captivité en 39/45, à Bien-Dien-Phu ou dans les djebels de l'Atlas, qu'ils aient été engagés, appelés du contingent ou rappelés, qu'ils aient été des combattants, des résistants ou prisonniers de guerre, ils sont morts pour une noble cause : la défense de leur patrie. 

Dans quelques décennies, nous ne parlerons plus des anciens combattants qui deviennent une espèce en voie de disparition dans une France qui ne fait plus la guerre qu'avec des professionnels et sur des fronts lointains. Mais les défilés et commémorations resteront comme le défilé du 14 Juillet qui est une parade militaire bien française. 

Or, voilà qu'une candidate d'un parti écolo n'hésite pas à jeter un pavé dans la mare et de phraser "Je pense que le temps est venu de supprimer les défilés militaires du 14 Juillet parce que ça correspond à une autre période (...) J'ai rêvé que nous puissions remplacer ce défilé par un défilé citoyen où nous verrions les enfants des écoles, où nous verrions les étudiants, où nous verrions aussi les séniors défiler dans le bonheur d'être ensemble". Un pavé de sottise dans une grande mare d'ignorance de notre histoire. 

L'antimilitarisme primaire ne tue pas, certes.... ça doit la rapprocher un peu du ridicule. Les écolos sont des anciens combattants qui s'ignorent ! On les trouve à l'avant-garde de l'arrière-garde. Elle aurait du faire sienne de la phrase du Maréchal-Foch :

"Parce qu'un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir."

Bref, heureusement, la classe dirigeante de ce pays a refusé de remplacer le  traditionnel défilé martial par une déambulation citoyenne de bobos et de bébés aux côtés des vétérans (déjà que tout au long de l'année nous ne sommes pas privés de marches et manifs en tous genres - peut être pour de sérieuses raisons sur le fond mais trop souvent folkloriques dans la forme).  



  







carte humoristique


 








   

samedi 26 avril 2014

UNE ARÊTE DE CARPE ET UN OS DE LAPÍN EN TRAVERS DE LA GORGE

Dans ce blog satirique, les personnages sont sortis de l'imaginaire et de stricte invention : toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé et toute homonymie avec des noms propres ou des noms privés ne serait que pure coïncidence.









Au soir d'un certain dimanche de mars de l'an 14 du troisième millénaire, après les élections municipales, les spectateurs venus au dépouillement, ont remarqué une alliance étrange de la carpe et du lapin, un "clan" de "tu à toi" et de "bisounours" qui en a étonné plus d'un sans oublier l'inévitable cascade de courbettes de larbins.

Dans cette alliance contre nature où les appétits sont grands : quels seront ceux qui, demain, seront mis au pilori ? visiblement, un pacte préparé de longue date au détriment des "camarades débarqués", les conseillers sortants brusquement poussés vers la sortie : seulement 7 conseillers repartent, 11 ne repartent pas, cela fait un peu désordre !  Bonjour l'ambiance parmi les anciens conseillers ! sans doute un ordre venu d'en haut.

A l'assemblée de l'élection du maire et de ses adjoints, un nom a été rayé donc un bulletin nul. Voilà déjà une alliance qui a du plomb dans l'aile... 

Par ailleurs, lors de cette soirée électorale, on a entendu des gauchistes cracher dans la soupe socialiste avec une gestuelle plutôt déplacée devant de jeunes candidats  : bref, c'est ce qui s'appelle poliment "ne pas avoir de patrie". 


Au beau milieu de tout ce déballage, une femme réussit sans trop de mal à se faire remarquer : visiblement très remontée, elle apostropha une candidate avec un affreux accent, dans un français débité à toute vitesse et dans une intonation qui ressemblait - selon les ouï-dire - à une partition de castagnettes dans un fandango endiablé.

Des anciens que l'on a connu ici il y a une vingtaine d'années et qui se flattaient d'être des vieux républicains doivent aujourd'hui se retourner dans leur tombe en voyant ces magouilles de politicailleurs, eux qui n'avaient jamais dévié de ligne politique durant toute leur vie.

Il faut bien le dire, il y a toujours eu des "salades" à chaque élection mais en 1989, des candidats de droite ont fait l'option de choisir un maire modéré de gauche - c'était leur droit - tandis qu'aujourd'hui, les écolos et l'extrême gauche s'allient avec les "bourges" de la droite et cela s'était déjà produit en 2008 où les gauchistes avaient ensuite manœuvrer pour écarter leurs adversaires au second tour. Ce ne sont pas des "flèches" mais au moins aux élections, ils savent "magouiller". Ils s'avancent masqués, sournoisement et à nous les petits arrangements mesquins.

Un an après, nous retournons à nouveau aux urnes pour des élections qui sont loin de passionner tout le monde mais le premier magistrat appelle maintenant au vote "Front de Gauche" . Comme dans le crime de S. Bonnard d'Anatole France, ici la girouette est rouillée et grince allègrement au vent . 

Edouard Herriot ne disait-il pas "La politique, c'est comme l'andouillette, ça doit sentir un peu la merde mais pas trop".

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 dessin humoristique,  élection régionale, scrutin, isoloir, bulletin de vote,  dessin humoristique emprunté à Haarg-Magazine.




jeudi 27 mars 2014

L'ÍNCROYABLE BOURDE DE L'EDÍLE


Dans ce blog satirique, les personnages sont sortis de l'imaginaire et de stricte invention : toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé et toute homonymie avec des noms propres ou des noms privés ne serait que pure coïncidence.






Ne voulant pas basculer dans un jeu digne d'une cour d'école, il eut été sans doute plus facile d'en sourire ... et laisser dire. Mais voilà, la bourde est tellement lourde qu'elle tient à la fois de l'inconscience et de la bêtise crasse et qu'elle a déjà fait le tour du bourg. Ce n'est pas glorieux : Triste personnage.


Enseignons donc à cet élu le b.a-ba de son métier "on doit réfléchir deux fois avant de tenir certains propos", variante du "il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche". Une banale parole de bienvenue vaut mieux qu'une blessante sortie et, de surcroît, il faut avoir quand même une sacrée étroitesse d'esprit pour ne pas s'apercevoir que l'on vient de dire une sacrée c.......  


Tout débute par une visite du Maire au club des anciens au cours de laquelle il se serait adressé à des femmes veuves (depuis déjà un certain nombre d'années pour la plupart) en fanfaronnant "tiens voilà des dames qui viennent ici sans leur mari".


On imagine aisément combien cette phrase choquante et d'une rare maladresse fut très mal reçue par ces personnes dont les maries sont malheureusement au cimetière. Toutes ces femmes sont sidérées face à une telle balourdise et elles ne sont pas les seules...  Aucun des Maires que ces dames ont connu par le passé depuis qu'elles vivent au village n'auraient d'ailleurs commis une telle bévue ! Elles en sont toujours à regretter son prédécesseur qui ne manquait jamais de les accueillir avec des paroles affectueuses.
 

Et tandis que les calembredaines du Maire ne font pas rire, les habitants regardent leur village se replier sur lui-même et se protéger de tout ce qui est étranger à ses principes doctrinaires.

Jean de la Bruyère a écrit :

"C’est une grande misère que de n’avoir pas assez d’esprit pour bien parler, ni assez de jugement pour se taire".


 



carte humoristique



  








LE VÉLO ET LES BOBOS

Dans ce blog satirique, les personnages sont sortis de l'imaginaire et de stricte invention : toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé et toute homonymie avec des noms propres ou des noms privés ne serait que pure coïncidence.



 carte humoristique


Jusque dans les années 70, le vélo était la voiture du pauvre et l'on allait en vélo au travail, à l'école ou le dimanche, en famille, en ballade à la fête du village ou à la messe. Si l'on osait aller en ville au milieu de la jungle urbaine, on entendait alors  le sobriquet : "baisse la tête, t'auras l'air d'un coureur" ou encore "vas-y Robic !". La bicyclette était associée aussi aux vacances, au soleil, à la rengaine de Bourvil ou encore d'Yves Montand : "quand on partait de bon matin, quand on partait sur les chemins.." Les joies simples des ballades à bicyclette.

Aujourd'hui, le vélo est relégué au rang des loisirs : le loisir des bobos. Le terme de "bobos" est la contraction de "bourgeois-bohêmes" et vient du livre "bobos in Paradise" de David Brooks mais l'expression peut s'attribuer à tous les hommes et les femmes des pays développés.

En France, l'expression "bobo" est employée de manière péjorative pour désigner des personnes aisées se proclamant  de gauche (la gauche écolo) mais dont la manière de vivre est en totale contradiction avec les idées et bien éloignée des milieux populaires ; bref, en résumé : la "gauche caviar".

Or, dans les années 90 jusqu'en 2005, dans le village, "le Maire de l'époque" (pour reprendre une expression de son successeur) avait fait construire trois lotissements dans le quartier de l'ancienne gare avec des grandes parcelles ce qui avait le don déjà d'énerver les écolos qui, surtout, voulaient le pouvoir mais ne juraient que par l'implantation de maisons sur des petites parcelles (la mixité sociale...) Bref, en imposant cette superficie d'une grandeur moyenne de 1200 m2 - une conception tout à fait louable -  il attira en revanche une clientèle assez aisée. Nous sommes passés tout naturellement d'un village rural à un village de "bobos". 





  

Mais revenons au sport national : la bicyclette. Aujourd'hui, on pratique le vélo comme il y a cinquante ans, on allait se distraire en allant à la pêche . On aime transpirer et souffrir comme un damné sous un casque pour épater les copains.

Dans les villages, les groupes de cyclistes qui circulent en rang deux par deux ont remplacé les troupeaux de vaches et ne sont guère plus disciplinés. 

Les conseillers fraîchement élus en mars 2008 (comme ceux de 14 - enfin, précisons : 2014) ont enfourché leur bicyclette pour aller visiter le patrimoine communal  ; sans doute pour nous montrer que la couleur avait changé : les tout nouveaux arrivés étaient bien des écolos. Depuis qu'un candidat écolo est arrivé en selle sur les plateaux de télévision dans les années 70, la bicyclette n'est plus associée aux ballades sous le soleil mais elle est désormais réduite à un message écologique au prétexte qu'elle ne pollue pas la planète.

Tout d'abord, sans rentrer dans un exposé comportemental, les français aiment leur voiture, c'est un signe de liberté au même titre que les vacances et les loisirs. En "vert" et contre tout, les nouvelles générations adoptent le système de co-voiturage quand il s'agit d'aller au travail mais pour les loisirs et notamment les vacances, ils ne prennent pas le train ou le tandem comme au temps du Front Populaire.  

Cependant, on sait que les écolos ont des convictions bien arrêtées en ce qui concernent les déplacements automobiles et la volonté de vouloir les imposer aux autres tout en les culpabilisant. A tel point que certains citoyens du village, surpris à venir faire des courses dans le bourg (dans le bourg, vous imaginez...)  en voiture et non à vélo, ont été "remis vertement à leur place" par le premier édile, à défaut d'être remis en selle.

Donc désormais ici au programme municipal "Pas de culture automobile" et il convient d'épingler les citoyens qui prennent leur voiture : voilà donc notre pauvre bécane transformée en gri-gri écologique. A quand les vélib' à Garsson ?

En ce qui nous concerne, nous allons nous "désintoxiquer" chaque fin d'été avec nos bicyclettes dans les alpages... nous retrouvons chaque année, avec bonheur notre chalet dans ce petit coin des Hautes-Alpes où les habitants, si simples sont restés tellement authentiques pour le grand plaisir des amoureux de la montagne. 

 








dimanche 19 janvier 2014

MAIS QUELS SONT DONC CES BARBARES EN QUESTÍON ???




Dans ce blog satirique, les personnages sont sortis de l'imaginaire et de stricte invention : toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé et toute homonymie avec des noms propres ou des noms privés ne serait que pure coïncidence.










carte humoristique Germaine Bouret.


Depuis plusieurs décennies, le Maire adresse ses vœux à la population. Cette année, dans le bulletin municipal - un vulgaire document polycopié baptisé "flash info" qui ressemblerait plus à un tract syndical qu'à un bulletin municipal - c'est le mot du Maire qui pose question auprès des gens du village. En guise de vœux, le premier magistrat nous a administré une bonne potion anxiogène.


Notre édile n'est pas un littéraire, ça on le savait mais, cependant, si les paroles s'envolent, au moins, les écrits restent ... 

Et bien voilà, quand il ne voit pas rouge (*), le Vert broie du noir...

(*) il voit rouge surtout quand il surprend des habitants en train d'utiliser un désherbant chimique sur le trottoir.

D'emblée il nous parle "d'une année 2013 lourde d'incertitudes avec la menace d'un retour aux barbaries anciennes" (sic)  en 2014 ! Il en rajoute une louche un peu plus loin en parlant de "climat de morosité ambiante". (sic). Quand mon mari me disait qu'il faudrait en "écrire un livre". Au demeurant, il faut bien admettre que certains jours, il y a ample matière à dissertation...

Moi, quand on me parle de "barbares anciens" tout de suite, il me revient en mémoire des souvenirs de vieilles leçons d'histoire où Attila, roi des Huns qui était le chef des invasions barbares précipita la chute de Rome et la fin de l'empire d'Occident  ; mais, venu conquérir la Gaule, il fut obligé de  décaniller en vitesse, vaincu par une autre armée barbare. 

Cela se passait en 451, Attila, c'était celui dont on disait que l'herbe ne repoussait plus là où le sol avait été foulé par son cheval ! (pour l'instant, ce n'est pas le cas du village où l'herbe colonise les trottoirs depuis que nos édiles sont au pouvoir ... enfin, bon, les méthodes de désherbage ont changé)

Il faut bien dire que dans la catégorie des hordes de sauvages, dans ces temps-là, ils étaient plutôt bien servis !   Clovis 1er, roi des Francs, décapita un guerrier, en 487, en lui demandant,  par une phrase restée dans la mémoire collective et illustrée dans tous les manuels scolaires, de se rappeler au bon souvenir du "vase de Soissons". Cela n'empêcha pas le barbare franc d'entrer dans la chrétienté en se faisant baptiser en 496 à Reims et lorsqu'il entra pour le baptême, l'évêque l'interpella d'une voix éloquente : "Déposes humblement tes colliers Sicambre !, adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré !"

 
  
Bref, tout çà, c'est de l'histoire ancienne mais en reprenant la lecture de ce "mot du Maire", on se dit qu'il y a des jours où l'on peut se demander si l'on est bien réveillés ! 

Cependant, on mesure pleinement le degré de pessimisme et l'on comprend que l'heure n'est plus à la rigolade au sein du Conseil : oui, à coup sûr, la sinistrose est bien là et l'humeur de ces gens inquiète.

L'histoire aurait pu s'arrêter là. Mais voilà qu'on est en période pré-électorale et Radio-Ragot pour rumeurs et commérages marche à fond. Et Dieu sait combien ici, comme partout ailleurs, on aime le bruit de la rumeur...

Deux autres listes s'apprêtent à affronter celle du Maire et pendant cette période turbulente où il faut être branché sur toutes les radios, certains se grattent la tête en se demandant quels sont, parmi les citoyens qui vont guerroyer en Mars, ceux que le Maire pourrait bien désigner comme d'atroces  "barbares"  à la férocité primitive ?

A en croire le téléphone arabe et turlupinés par cette histoire de sauvagerie, lors d'une récente réunion, des habitants auraient interpellé le Maire qui s'est - parait-il - livré à un exercice pitoyable au cours duquel il aurait répondu "qu'il ne voulait pas insinuer qu'il voyait arriver des barbares à Garsson et qu'il s'était finalement mal expliqué" . 

S'il a pu nous rassurer (ouf !) sur un potentiel d'horreurs qui aurait pu nous tomber sur la tête en 2014, il aurait dû en convenir qu'en regardant quotidiennement les nouvelles du monde avec une avalanche de contrariétés (chômage, détresse, guerres, etc...) cela n'était pas sans plomber le moral des citoyens et visiblement le sien.


Il aurait dû méditer la maxime de Chamfort : " Combien faut-il avoir d'esprit pour ne pas être ridicule ?" Toujours d'actualité.





MAIS OU SONT LES BARBARES D'ANTAN ?


couverture du livre d'Abdelatif Benazzi de l'édition Hugo