Chronique d'un village

Ce blog est destiné à vous narrer sous une forme satirique et humoristique les petites histoires d'un village que j'ai surnommé Garsson - c'est un village imaginaire que vous ne trouverez donc nulle part dans l'annuaire des villes et villages de France - mais il comporte de nombreuses analogies avec celui où je vis depuis une trentaine d'années.

Pendant tout ce temps et suite à des évènements divers, j'ai connu tous les ingrédients qui pourraient alimenter une sorte de gazette de village - celui-ci pourrait d'ailleurs se situer partout et n'importe où dans l'hexagone - à travers ses mœurs séculaires, ses non-dits et ses petites querelles mesquines.

Il y a de grands soirs où les villages meurent
Après que les pigeons sont rentrés se coucher.
Ils meurent, doucement, avec le bruit de l'heure
Et le cri bleu des hirondelles au clocher...

Henry Bataille (1872-1922)

samedi 6 octobre 2012

AU BAR DU "PÊCHEUR ASSOIFFÉ"


Dans ce blog satirique, les personnages sont sortis de l'imaginaire et de stricte invention : toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé et toute homonymie avec des noms propres ou des noms privés ne serait que pure coïncidence.







Dans la salle du bar du "Pêcheur assoiffé", c'est radio libre. Que les édiles communales soient de droite ou de gauche comme aujourd'hui, le café reste le bastion de l'opposition municipale en place et les langues vont bon train... des langues de vipère qui démontent, démolissent, affolent, batifolent ou extrapolent avec la complicité du tenancier. Tout ce petit monde de la parlote a depuis belle lurette remplacé les commérages des lavandières de la Pris et, en période pré-électorale, il s'acharne avec une jubilation intérieure sans nom.

Le Patron du "Pêcheur assoiffé" s'échinait il y a quelques années sur l'autre café de Garsson "Au gardon frétillant, un vieux zinc que les nostalgiques n'ont pas oublié. Les deux bistrots se faisaient une guerre sans merci mais depuis, le café concurrent a fermé, ne pouvant plus rivaliser avec les "canailles" du "Pêcheur..."  


Pénétrant dans le troquet, juste avant l'heure de midi, "midi, l'heure du berger" pouvait-on lire dans le paysage publicitaire des années 50 ; bref, à cette heure-là, c'est le coup de feu au bar du Pêcheur  et, aussitôt, des effluves de Ricard nous assaillent tandis que deux papys font de la résistance, attablés au fond de la salle avec un ballon de rouge. 

Près du bar, un adorateur du "beaujolpif" , un accoudé des comptoirs déblatère avec brusquerie comme on se libère d'un poids, il vomit sur son existence ratée, la débine, la poisse qui lui colle... toutes ces aigreurs, c'est la "poésie" des zincs ...

Mais ceux qui viennent s'épancher et qui déchargent leur bile n'ayant rien d'autre à faire : ceux-là avec leur déprime n'intéressent guère. Ceux qu'on vient surtout voir causer ce sont surtout les soiffards qui viennent parler de tout et de rien en égratignant un peu ceux qui "ne plaisent point", les ragots toujours répétés sur les mêmes familles. Sans ces "orateurs", tous les habitués du bistrot seraient manifestement bien désœuvrés.

Le Maire dont le gosier est légèrement en pente est un habitué des caves de l'aubergiste et ses bourdes alimentent les conversations de bistrot. Mais, que les consommateurs voient le shérif traverser la place avec son élégance coutumière et se présenter au "Au Pêcheur assoiffé", aussitôt tous ceux qui, à l'instant même, glosaient sur lui, brusquement clouent le bec  - c'est le silence des agneaux -  et les courbettes reprennent : "pour se mettre au niveau d'une couleuvre, il faut savoir ramper"...

Le Maire rapporte de la Mairie un courrier en provenance d'une association d'adeptes de l'ultra léger motorisé concernant une demande de terrain qui pourrait servir de décollage à des ULM, mais, à en croire le premier magistrat c'est encore un projet de "farfelus" : ce courrier est désormais une affaire qui fait surtout beaucoup de mousse avec peu de savon.

Voilà qui nourrit des discussions fort animées autour du comptoir car, dès la connaissance du projet, les premières affabulations fusent de toutes parts. Des clients confondent un terrain de décollage pour baptêmes en ULM avec un terrain d'aviation pour avions en tout genre : le Maire tente aussitôt de rassurer et de minimiser l'utilisation dudit terrain mais cela ne va pas empêcher la rumeur de partir à la dérive le long de la Pris, de s'amplifier et de voguer jusqu'à Perpette, au bord de l'éclatement. Elle court, elle court... la rumeur.

Excédé sans doute par la tournure que prennent les évènements en voyant cette affaire gonfler comme un ballon de baudruche, le Maire tourne les talons au prétexte d'aller admonester quelques vauriens dans la commune. Notre redresseur de bretelles a, à peine, le dos tourné que les potins et les railleries reprennent. 


Il y a bien longtemps que les prises de la Pris n'assoiffent plus les pêcheurs mais bon gré, mal gré, les piliers du bistrot sont rivés au comptoir et délirent sur tout et son contraire.   





 

dimanche 26 août 2012

LE MANOIR DE SAINT-GUY SE REFAIT UNE SANTÉ.



Dans ce blog satirique, les personnages sont sortis de l'imaginaire et de stricte invention :
Toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé et toute homonymie avec des noms propres et des noms de lieux privés ne serait que pure coïncidence.







Depuis que "le Maire de l'époque" (sic) avait décidé après sa réélection en 1995 de rénover le vieux manoir qui menaçait ruine, une association avait été créée pour la sauvegarde de ce monument datant du XVI° siècle et fort heureusement, épargné par la Révolution.

Cette association a pris l'affaire en main avec la participation d'une dizaine de retraités en mal de passe-temps. Jusqu'à présent, ces anciens s'occupaient l'hiver à taper le carton au "Pêcheur assoiffé" et l'été à jouer aux boules dans le square situé près de l'église. Des occupations tout à fait anodines mais désormais : oubliée la médiocrité quotidienne, ils s'activent ardemment à remettre l'édifice en état.

Les voici qui manient la truelle avec plus d'ardeur que lorsqu'ils travaillaient chez leur ancien patron. Il est vrai qu'un tonneau de vin placé sur le chantier leur apporte un bien-être et un réconfort salutaire. Certains, même, sont costauds, forts et fiers, ancrés dans les anciennes valeurs du travail bien fait.


Puis, tous les ans en juin, à la Saint-Guy, aux quatre coins de la propriété, nous avons assisté à un déchaînement de ces bénévoles véritablement pleins de bonne volonté aidés par quelques-uns de leurs amis venus en renfort et qui s'affairaient dans le but affiché de récolter des fonds pour un nouvel achat de matériaux mais principalement pour s'offrir un gueuleton entre copains "un petit comité restreint de quidams choisis sur le volet". 


Merci à celui qui avait eu au moins le mérite de créer l'association...

Après leur prise de fonction, le Président et l'adjoint de ladite association sont devenus comme les petits coqs, ils lèvent la queue plus haut qu'ils n'ont la crête. Déjà, aux précédentes élections municipales (2001), ils avaient eu des visées sur la Mairie. C'est ainsi que l'association de sauvegarde du Manoir de la Saint-Guy est devenue une tribune politique, premier cercle d'opposition au Maire en place et suffisamment actif pour noyauter un groupuscule. 











Carte humoristique

















vendredi 24 août 2012

LES ÉLECTIONS MUNICIPALES....

Dans ce blog satirique, les personnages sont sortis de l'imaginaire et de stricte invention :
Toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé et toute homonymie avec des noms propres et des noms de lieux privés ne serait que pure coïncidence.






carte humoristique de Carrière






Les élections municipales ont toujours été très animées à Garsson.

En 1989, mon mari a été élu Maire dans des conditions assez rocambolesques. Il était déjà candidat en 1983, mais il fut battu écarté à la faveur d'un ancien (donc il fut le premier des battus mais le premier des battus c'est toujours mieux que le dernier des battus...). 

De 1983 à 1989, la commune était gérée par un maire de droite, sympathique au demeurant quoique d'un abord un peu distant. Nous pensions, mon mari et moi-même que les élections ne devaient poser aucun problème pour lui : on ne le voyait aucunement battu et du reste, seule sa liste semblait devoir se profiler à l'horizon des élections de mars 1989.

Or, trois semaines avant l'échéance électorale, des voisins venaient régulièrement harceler mon mari afin de former une liste d'opposition au Maire ; je pensais moi-même voilà encore bien des "courageux mais pas téméraires" ou comme dirait quelqu'un que je connais bien dans son jargon ferroviaire : "du genre blessés au talon en faisant face à l'ennemi !" enfin de ceux qui poussent les autres sur le devant de la scène et se défaussent à la moindre occasion.

Bref, les petites villes deviennent de plus en plus politisées, on va en faire l'expérience.

Il faut dire que lors des élections de 1983, des conseillers avaient été élus appartenant à la liste qu'avait présentée mon mari avec lesquels nous étions restés, du reste, en bonne relation. Jusqu'ici, rien de plus naturel. Ces conseillers prétendaient s'être très bien entendus avec le Maire de droite - ce qui pour nous ne posait aucun problème dans un petit village rural - mais certains voisins et amis ne l'entendaient pas de cette oreille et traitaient ces élus de "faux frères"... Ces élus qui tous repartaient logiquement pour un second mandat avec leur Maire.

Parallèlement des citoyens qui jugeaient mon mari  bien placé "dans les sondages Ifop" du village continuaient à le presser sans cesse jusqu'au jour où cette fameuse deuxième liste s'est formée et s'est allongée, petit à petit, avec des personnes qui s'affichaient de gauche, mais pas la gauche molle, la gauche pure et dure. Cela corsait un peu le problème. Des éléments de cette liste dite de gauche avaient un fort tempérament et voulaient afficher la couleur sur la profession de foi, un avant-goût des "frondeurs" : des précurseurs en quelque sorte... Et c'était parti pour les grandes manœuvres !

Au moins, avaient-ils le mérite d'afficher clairement leurs opinions et de ne pas avancer "le visage masqué" comme on l'a vu récemment lors des dernières élections.

Mais revenons à nos moutons ou plutôt aux élections de 89. Nous voici à la veille des ces journées électorales. Or, des individus de ladite liste de gauche avaient arrêté la règle du jeu à savoir que tous les candidats élus ou non décideraient lequel d'entre-eux serait le Maire au cas - bien improbable  pour nous - où leur liste serait élue majoritairement. 

Au soir du premier tour électoral, seuls 7 candidats de la liste du Maire sortant sont élus, lui-même n'y étant pas. Dans la liste dite "de gauche" : aucun candidat mais tout restait possible car il fallait élire au deuxième tour une majorité. Vers quel côté pencherait la balance : vers la droite ou vers la gauche ?

Entre les deux tours : stupeur, une troisième liste se présente - incomplète certes - mais elle se présente avec des partisans de l'école libre et de la "calote", bref, pas la droite molle mais la droite pure et dure. Le goût du pouvoir est un poison qui peut ronger les âmes les plus pures. On soupçonnait un adjoint du Maire sortant, élu, lui, au premier tour, de manœuvrer ces "âmes pures et bienheureuses" en sous-main pour évincer les colistiers du Maire sortant.


Au soir du second tour : coup de tonnerre :  ce sont les 8 candidats de la liste de gauche qui sont élus face aux 7 de la liste dite "de droite modérée" élus au premier tour. C'est l'exultation évidemment chez les candidats de la liste dite "de gauche": on fait bombance pour fêter cette victoire inespérée mais la liesse sera de courte durée !
 
Dans la semaine fort agitée qui a suivi cette élection, branle-bas de combat du côté des "gauchistes" car il fallait désigner qui serait le candidat Maire conformément à ce qui avait été décrété. Dès le lundi ce candidat est désigné au cours d'un vote à bulletin secret : mon mari l'emporte à la majorité. L'assemblée se disperse mais l'on sentait d'énormes tensions, on voyait (déjà) des mines déconfites et voilà un individu parmi ceux qui avaient été élus - celui qui avait obtenu le nombre de voix le moins élevé comme par hasard - déclarait vouloir vraiment emporter la place de Maire. Bonjour l'ambiance parmi les colistiers !

Quelques jours avant l'assemblée de l'élection du Maire, on a assisté, de toute évidence, à une folle parade qui nous ramenait aux grandes heures du cirque...

Dans le "clan" de la gauche, un groupe de personnes décident au cours d'une réunion au domicile d'une candidate  (ce ne sera pas la seule réunion clandestine en 20 ans de Mairie) de modifier le résultat du tirage au sort. Ces personnes décident à cinq ou six qu'un autre était "sorti du chapeau" jugeant les convictions politiques de mon mari trop modérées ! Bien sûr, mon mari n'assistait pas à la dite réunion bien qu'il y ait eu des "fuites" concernant l'organisation de ces grandes manœuvres bassement électorales. Par excès d' honnêteté, ils téléphonent à mon mari  le prévenant qu'il avait été évincé au profit d'un troisième larron, il leur répondit magistral : 

"Je ne mange pas de ce pain là, vous parlez toujours démocratie avec un grand D et si cela commence ainsi, on n'est pas au bout des six ans mais je maintiendrai ma candidature de Maire à l'assemblée, je serai sans doute que simple conseiller mais je pourrai me regarder dans ma glace." Aie !



Pendant ce temps, d'autres activistes se livraient à un sabotage d'un autre genre : un spécimen de la gauche caviar se proclamant haut et fort"compagnon de route" des camarades cocos du milieu populaire dans lequel il travaillait, mais, se gardant cependant bien de partager leur sort dès qu'il rentrait chez lui (il ne mangeait pas à la soupe populaire) ; bref, cet ardent défenseur du prolétariat manœuvrait en tous sens jusqu'à se rendre sur le lieu de travail d'un proche de mon mari afin de lui faire un "bourrage de crane" en règle et menaçant la commune de cataclysmes épouvantables si celui-ci devenait Maire (pensez-donc, un ennemi de la classe ouvrière !). Avec le recul, heureusement qu'on peut en rire !


Dans le clan adverse, pendant cette semaine très animée, d'autres grandes manœuvres : une autre réunion consultative secrète réunissait le Maire sortant qui avait été battu et les 7 conseillers réélus. Nouveau coup de fil à la maison : après la réunion clandestine de la gauche voilà le coup de fil clandestin de la droite !
Après s'être assuré que nous n'étions pas sous "écoutes téléphoniques", l'interlocuteur exposa le problème d'emblée : ne voulant pas du candidat choisi parmi les extrémistes de gauche, les candidats élus de la liste de droite décidaient de porter leurs 7 voix sur le nom de mon mari et avec la sienne si la machine ne "se grippait" pas : logiquement, il était élu Maire.

Devant ce flot d'évènements contradictoires, je comprendrais fort bien que vous eussiez quelques difficultés à suivre cet épisode mouvementé mais néanmoins historique de la vie municipale de Garsson.

L'assemblée pour la désignation du Maire se déroula, le vendredi soir suivant les élections, dans la salle des fêtes qui était pleine à craquer. Il y avait une foule comme jamais il y en a eu dans cette salle. Une tension extrême régnait, tous était venu au spectacle : il y avait un silence pesant aussi lourd qu'à la veille d'une guerre, impressionnant et vertigineux.  Tout s'est passé comme prévu par le clan de la droite : mon mari fut élu conseiller sur une liste de gauche puis premier magistrat de la commune grâce à une majorité de droite. Il devra affronter cette équivoque pendant six ans.  

Passé la surprise, les "gauchistes de salon", après avoir demandé une suspension de séance, se sont écriés "On a été trahis !" : c'était théâtral... Le plus surprenant c'est qu'ils ne revendiquaient aucune place d'adjoint. Quand vint l'élection du Maire et des adjoints de droite (à 8 voix contre 7 à chaque fois), chaque proclamation déclenchait des salves d'applaudissements qui réchauffèrent enfin la salle. 

Et les conseillers de gauche sont restés opposants fermement décidés à batailler dur pendant six ans, six ans pendant lesquels ils ont fait le plein des boîtes aux lettres avec un tract baptisé "infogauche" : une littérature saine et instructive qui tombait comme à Gravelotte après chaque conseil, très souvent à peine récupérée était jetée dans les poubelles. 

Cependant, ils avaient le courage d'affronter le Maire en face avec des arguments solides pas comme des candidats élus en 2001 : je pense à l'unique opposant élu seul au 2ème tour sous la couleur verte ou ceux de la fin de mandat lesquels étaient plutôt chafouins et francs du collier comme un âne qui recule.


 carte humoristique
- "tu es sur que tu ne t'es pas trompé de direction au passage à niveau ?".




A la Mairie, le nouveau Maire mit fin à la coutume des élus des mandats précédents selon laquelle toute réunion de conseil se terminait devant un verre au troquet d'en face. C'était déjà bousculer des bonnes vieilles habitudes séculaires.

Heureusement, dans ce conseil, il y avait encore des hommes à la mentalité et à l'esprit irréprochables qui savaient montrer le chemin de la droiture même si celui-ci était rude et abrupt. Dommage qu'en politique trop d'honnêteté tue l'honnêteté : il ne faut jamais être trop honnête face aux bassesses des politicards car les salauds ont toujours l'avantage.

Un jour, je me suis décidée à me rendre à une réunion municipale prendre une leçon de "démocratie". La séance commence. On sent tout de suite qu'il y règne une saine ambiance de franche camaraderie... Quelqu'un proche du Maire ose émettre une idée qui n'est pas du goût de l'opposition ; aussitôt, c'est une déferlante de joutes oratoires, de polémiques, d'invectives du genre "vous êtes un ennemi de la classe ouvrière !" Allons bon ! Encore !, mais comme les autres personnes assises sur le banc, j'écoute et ne dit rien car le public n'a pas le droit d'intervenir. Tout administré pouvait cependant se poser déjà beaucoup de questions sur la qualité des débats auxquels il assistait. 


A force de les entendre hurler avec les loups, la majorité du conseil, habituée aux débordements lyriques, sourit gentiment et la séance peut reprendre dans un semblant de sérénité. Les arguments s'alignent de part et d'autre quand, tout à coup, à la faveur d'une explication du Maire qui veut augmenter la subvention à l'OGEC, voilà un "coco" qui se lève et, en tant que digne héritier de la Commune (celle de l'insurrection de Paris, 1871) le voilà qui s'emporte dans une violence verbale inouïe. Il s'en prend aux soi-disant "riches" du village - Garsson n'est pourtant pas Neuilly - et il ne réclame rien de moins qu'une nouvelle nuit du 4 Août afin que "les nouveaux riches" paient plus d'impôts pour diminuer la part des Garssonais moins fortunés !  "Quelle reculade Monsieur le Maire !" rugit-il.

Tout cela pouvait prêter à sourire mais c'était plutôt "Bonjour Tristesse" car ça volait bas et surtout ça avait jeté un froid dans l'assistance car le conseil était déjà divisé alors s'il avait fallut diviser la commune entre riches et pauvres par le biais des impôts, de la bêtise à l'état pur. A court d'arguments, le tribun s'était rassit et la séance avait pu reprendre un cours normal mais je venais d'assister à un échantillon de tout ce qui végète au niveau zéro. 
  

Au terme de ce premier mandat, les élections se déroulaient en mai 1995. Trois listes étaient en présence dont celle du Maire sortant, celle de "droite" menée par l'adjoint qui avait régi en 1989 la liste de l'école libre en sous-main et celle de gauche qui avait "savonné la planche" du Maire pendant six ans. Ces derniers n'eurent même pas l'élégance de voter pour la construction du groupe scolaire laïque qui a été réalisée grâce au vote des élus de droite, partisans de l'école libre qui jouèrent le jeu jusqu'à la fin (Clochemerle !).

Enfin, la liste de gauche a reçu, au premier tour, une flèche au curare : elle a vacillé. Au second tour, elle s'est complètement écroulée, pétrifiée. Dans la liste de droite il y eut un seul élu : un jeune agriculteur.

Mon mari fut réélu facilement au premier tour avec cinq de ses colistiers tandis qu'au second tour, six autres de sa liste furent élus, un seul battu.

Or, voilà que pour son second mandat, il avait pris sur sa liste des femmes dont deux étaient adjointes, l'une était la femme d'un entrepreneur, très encartée à droite mais mon mari, équilibriste, avait voulu qu'elle soit adjointe compte-tenu de son appartenance politique, la majorité de la liste étant plutôt des "socialos"modérés. 

Dans ce vivier vipérin de la politique, même en milieu rural, si on ne devait faire alliance qu'avec de vrais amis et de surcroît, sûrs, on ne trouverait pas grand monde...
L'autre adjointe était une amie de longue date qui figurait déjà sur sa liste de 1983, élue en 1983 mais battue en 1989, elle était présidente d'une association à caractère social.
 

Un an après l'élection, l'adjointe encartée à droite avait postulé, en 1996, pour le poste de présidente de l'association de sauvegarde d'un patrimoine médiéval sur la commune, affichant déjà une certaine ambition. Dès le début de cette activité notoire, elle eût l'audace de noyauter le petit groupuscule de retraités qui formait l'association rénovatrice de l'édifice. Cette association était devenue au fil du temps une tribune politique en marge de l'action de la Municipalité et celle du Maire en particulier qui avaient fait "des pieds et des mains" pour faire en sorte que ce patrimoine devienne communal.

On s'aperçut bientôt qu'elle avait réellement "les dents qui rayaient le parquet". Elle aimait faire la chattemite mais sous ces airs, elle avait une ambition des plus agressives remontée par ses supporters de la nouvelle association, devenus accessoirement de zélés porte-flingues, elle n'hésitait pas à faire les pires coups tordus avec plus ou moins d'adresse !  

Beaucoup de courtisans étaient devenus "comme l'âne de Buridan". être comme l'âne de Buridan c'est de ne pas savoir à quel parti se résoudre. Buridan, en effet, célèbre philosophe du XIV° siècle plaçait un âne à égale distance de deux bottes de foin en tous points semblables. Or, théoriquement, l'âne n'ayant aucune raison de se décider pour l'une ou pour l'autre se laissait mourir de faim...    

Non ! à Garsson et Dieu merci, on ne se laissait pas mourir de faim mais des "tournesols"  y'en avait un paquet. A l'approche des élections, on voyait des petits complots se former (sympa !) et des visages se fermer. Des amis "de trente ans" ont changé de camp et ont tourné le dos quand ils n'y tiraient pas !  Fini les cireurs de pompes : la flatterie,  la flagornerie, tout à coup,  tout disparait... 

L'hypocrisie de l'espèce humaine se manifestait au grand jour et la nature est ainsi faite que certains individus suivent toujours la dernière étoile qui brille au firmament que ce soit au ciel de Garsson ou d'ailleurs. Au vu de ces comportements, on comprend que la plupart des gens, pendant la guerre, étaient pétainistes au début du conflit et se sont découverts gaullistes juste avant la Libération. 


Bref, en ce qui nous concerne, cela a eu au moins le mérite de voir quels étaient nos vrais amis. "Amitiés de cour, foi de renards et sociétés de loups... " (Chamfort). 

Ce qui devait arriver arriva : Madame contrait le Maire à chaque séance ; ce fut le cas à celle du budget de Mars 2000 pour provoquer un clash et, se rendant chez lui pour une petite visite amicale, elle lui déclara tout de go qu'elle voulait sa place de Maire ainsi que celle de conseiller général. Une fois installée dans le poste de première adjointe qu'elle exigea en fin de mandat, il ne pensait pas qu'elle érigerait la traîtrise en mode de collaboration.

Mon mari vécut, en effet, ce retournement de situation comme une trahison à cette confiance qu'il lui avait accordée et qu'il ne faut accorder à personne... 

Mais ses deux candidatures - concoctées par ses amis de l'Association - finirent comme bien d'autres au cimetière des ambitions perdues : la liste qu'elle conduisit aux Municipales essuya un cuisant échec puis elle sombra également à l'élection de conseiller général : son culot et son ambition démesurée n'avaient pas payé.  

Stefan Zweig, écrivain et journaliste autrichien, a écrit : "l'ambition est l'affaire des hommes, chez les femmes cela tourne à la caricature". Cependant, à l'analyse, son impatience et sa soif de pouvoir furent sans aucun doute préjudiciables à la commune car, sept ans plus tard, elle aurait été très certainement la plus compétente pour succéder à la Mairie.

Quant à sa courtisanerie, quand elle s'aperçut que son étoile avait curieusement pâli, elle ne savait plus très bien dans quelle direction le vent avait tourné. Le plus choquant en période électorale, ce n'est pas tant l'hypocrisie mais la mesquinerie érigée en valeur morale. Et les chercheurs de poux sont légion : derrière le pharisianisme se cachent les jaloux, les envieux...

Comme en 1995, la liste du Maire sortant fut réélue, le Maire et toute sa liste au premier tour, un seul fut battu remplacé au second tour par un candidat d'une liste de deux verts encartés.

Ce dernier mandat fut le plus épique (voir article : "Les conseils en folie" et "Les aventures des Pieds Nickelés"). 

Dans cette période entrent en scène des personnages médiocres : des petits politiciens à la hauteur des pâquerettes, hypocrites, menteurs, affabulateurs, à la mentalité malfaisante faite de sectarisme, de vengeance et de lâcheté et tout juste capables de noyauter un groupuscule. Depuis quinze ans, ces boyscouts idéologiques, ayatollahs de la pensée unique, déclinent sur tous les modes et à tout propos les mêmes discours bien souvent incohérents. 

Il est vrai que l'on a rien besoin de comprendre quand on détient à coup sûr la vérité...
















       















samedi 11 août 2012

"TIENS, C'EST LA CRUE, QUI L'EUT CRU ??"


Dans ce blog satirique, les personnages sont sortis de l'imaginaire et de stricte invention :
Toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé et toute homonymie avec des noms propres et des noms de lieux privés ne serait que pure coïncidence









Nous sommes début janvier 1995, c'est le moment de "tirer les rois", l'eau monte à vue d'œil et Monsieur le Maire surveille le niveau de la Pris qui déborde de son lit. L'hiver est doux, trop : au moment des fêtes de fin d'année, on a encore entendu dans le bourg le fameux dicton "Noël au balcon, Pâques aux tisons". Allons, bon ! maintenant il pleut : trop ! Déjà, la veille du premier jour de l'an, les gens, qui venaient s'engouffrer dans la boulangerie de Garsson afin de s'approvisionner de pain et dessert pour le réveillon, laissaient de l'eau dans leur sillage ressemblant à des canards.

Pendant le premier week-end, rien d'alarmant, on voit la rivière perdre ses repères et de la rive, les anciens observent les reflets de l'eau qui font, sous le soleil, un éblouissant miroir à la terre envahie depuis peu. Ils devisent gaiement et s'interpellent, ils parlent de la crue de 1930 qui avait envahi le bourg de Garsson et il avait fallut attacher les bateaux aux platanes de la place des fainéants ; heureusement, nous n'en sommes pas encore là !



Sauf que tout à coup, le lundi, premier jour de rentrée des classes de l'année 1995, l'eau a encore monté : la situation devient de plus en plus préoccupante tandis qu' en amont de la Pris, on a déjà atteint la côte d'alerte.

Grand branle-bas dans la commune, le soir vers 20 heures, les cantonniers sont mobilisés, le Maire et les adjoints sont sur le pied de guerre et à la Mairie, c'est cellule de crise, tout le monde est sur le pont. Le premier adjoint prend l'affaire en main, il téléphone à gauche et à droite afin d'obtenir du renfort auprès des bénévoles. Toutes les bonnes volontés sont requises. La Préfecture appelle le Maire à son tour, la côte d'alerte est dépassée et les nouvelles de la météo ne sont pas rassurantes. Le Maire et ses adjoints partent d'abord évaluer la situation et pour prévenir les habitants du hameau de la bourrique que les routes d'accès risquent d'être coupées.


Effectivement, situé du côté du Manoir de Saint-Guy entre la Pris et le canal,  le hameau de la bourrique est sur le point d'être isolé du reste de la  commune pour devenir une île. Toutes les routes qui y accèdent sont envahies par les eaux et la rue qui le traverse s'appelle "Rue du Cour s'il Pleut". Pour l'instant, on y court guère car elle va bientôt ressembler à un torrent tumultueux.  Le Maire et ses adjoints font le tour du pâté de maisons puis se dirigent vers le Manoir de Saint-Guy où était installé une sorte de camping sauvage : les caravanes y flottent comme des bouchons de liège.






Pendant ce temps, à la Mairie, d'autres habitants alertés par le téléphone arabe arrivent avec de bonnes intentions : l'enfer, paraît-il en est pavé mais en l'occurrence, pendant le mois de janvier de cette année-là, à Garsson, on s'en réjouit !

Le premier adjoint propose sa quinzaine de parpaings à tous les futurs sinistrés : s'ils viennent tous chercher ses parpaings, la quinzaine ne suffira pas,  mais bon ! chacun s'organise.


Le lendemain, c'est un évènement, les pompiers sont arrivés et proposent que des embarcations soient réquisitionnées. Le secteur du hameau de la Bourrique est coupé par l'EDF et la seule ferme est déjà envahie par une montée d'eau d'1,80 m dans les bâtiments de l'habitation et de l'exploitation. Les habitants ont refusé d'évacuer et se sont résignés à occuper l'étage.        

Pendant cet épisode de crues énormes, les élus de Garsson ont été disponibles, attentifs et présents, réveillés même la nuit, veillant à ce qui pourrait mettre en cause la sécurité des personnes et des biens, ne comptant pas leur temps et veillant à tous et à toutes. Pendant cet épisode qui a failli être dramatique à Garsson, le Maire et ses adjoints ont pu prendre la mesure de toute la solidarité de leurs concitoyens pour venir en aide aux sinistrés et proposer des hébergements.

Puis,
il y eut cet incident... un de ceux dont on se souviendra encore longtemps. C'était un soir comme tous les soirs d'hiver, de ceux qui tombent vite entre "chien et loup". Marcelin,  au demeurant un brave garssonnais, entreprit une rocambolesque expédition. Quand j'apercevais auparavant Marcelin dans Garsson, inconsciemment je pensais au film espagnol "Marcelino Pan y vino" qui avait eu un grand succès en 1955 et que j'avais vu au cinéma dans ma jeunesse. Notre Marcelin, quant à lui, n'est pas allergique au pain du boulanger de Garsson et par ailleurs, grand amateur de vin, il est même d'accord avec Louis Pasteur qui dit que "le vin est le breuvage le plus sain et le plus hygiénique qui soit".


Bref, il voulut détacher un bateau qui était amarré auprès de la salle des fêtes (l'étendue des inondations commençait près de cette salle, le reste n'était qu'un grand lac à perte de vue..) et ce, afin d'aller soigner ses lapins dans une petite fermette située non loin de la rue du Cour s'il pleut. Il se vit opposer un véto formel de la part du Maire qui lui affirma : "Ces quatre bateaux sont réquisitionnés par les pompiers et jusqu'à nouvel ordre, ils ne peuvent servir qu'aux pompiers et d'autre part, ils sont cadenassés...".

Qu'à cela ne tienne et n'écoutant que son désir de nourrir ses lapins, Marcelin prit la route (ou plutôt un genre de petite mer) qu'il parcourut donc, à pied, en cette heure si tardive, équipé de grandes bottes et d'une lampe torche en prenant soin de raser tous les poteaux téléphoniques ou électriques qui, en temps ordinaire, longent la paisible route : dans la vie, il est toujours bon d'avoir des repères pour ne pas s'égarer... En passant près du calvaire, il pouvait toujours faire une prière...

S'apercevant de son excursion nocturne dans l'étendue d'eau glacée, le Maire et ses acolytes se mirent à faire une prière eux aussi pour qu'il ne se soit pas ....noyé. Les pompiers qui étaient en train d'évacuer en urgence,  en bateau, des habitants de la commune voisine furent aussitôt alertés mais, que faire à la nuit tombée ? La Préfecture fut également informée et, à l'aube, sans nouvelle de lui, il comptait déjà Marcelin dans le nombre des disparus de la crue centennale. Bref, tout le monde s'inquiétait du sort de Marcelin.

A l'aube également les pompiers entreprirent d'aller en bateau voir aux alentours de son habitation quand, tout à coup, l'un d'entre-eux vit un individu bouger à une fenêtre: Marcelin était sain et sauf ! sauf que les lapins n'avaient pu être secourus, ils étaient déjà morts noyés. Quand à Marcelin qui occasionna une belle frayeur à toutes les autorités qu'elles soient locales ou départementales, il fut quitte pour recevoir une belle semonce de la part du capitaine des pompiers.


Néanmoins, avec l'aide de bénévoles, les élus ont su dynamiser et orienter le travail des pompiers qui, parfois débordés, se sont donnés à fond, sans hésiter, se trouvant de plus en plus fatigués à mesure que les jours passaient mais, néanmoins l'effort est demeuré énorme jusqu'à la fin...




La période de crue a duré dix jours et pendant dix jours, une navette de bateaux a été mise en place pour que chaque famille évacuée puisse se rendre dans sa maison sinistrée afin d'y effectuer des problèmes divers.

Le second week-end de crue, ce dimanche 13 Janvier 1995, les "passagers" attendent sur le quai prêts à embarquer pour "la Bourrique" avec des sacs de victuailles . Le Maire est là qui supervise les opérations d'embarquement. L'ambiance n'est pas à l'hilarité mais plutôt à la fatalité et un voyageur réussit même à faire rire avec quelques "bons mots". L'embarcation n'est pas un bateau de croisière mais simplement un canot de pompiers et pendant la traversée, les passagers sont diserts. Chacun y va de son petit couplet sur tel ou tel cliché saisissant, l'un a vu un ragondin traverser, l'autre croit voir tel ou tel poisson qui visiblement est inconnu au bataillon de la faune locale et tout le monde rit en voyant le calvaire du coin de la rue du "Cour s'il pleut" dont on n'aperçoit que le sommet de la croix. Bref, c'est convivial !

Tandis que la navette fluviale embarque ses passagers, avec le soleil revenu et la décrue qui est largement amorcée, les habitants du bourg ont retrouvé le sourire. Les femmes sortent joyeusement de la boulangerie en portant le carton qui renferme le gâteau dominical comme un ostensoir.
                                     

"Dans le Sud-Est, les inondations continuent, les autorités locales prient instamment les français de cesser d'envoyer des dons en liquide...".

Citation de Jean-Jacques Peroni dans les carnets d'un malfaisant.



carte humoristique




vendredi 15 juin 2012

LES CONSEILS EN FOLIE




Dans ce blog satirique, les personnages sont sortis de l'imaginaire et de stricte invention :
Toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé et toute homonymie avec des noms propres et des noms de lieux privés ne serait que pure coincidence.




carte humoristique

 


Voilà un échantillon de ce qui régnait dans le conseil jusqu'en 2008 :


Dans ce conseil, en 2001, il y avait un vert : le seul candidat de la liste adverse élu au second tour. Or, ce Monsieur avait la même ambition que l'adjointe du précédent mandat, sauf qu'il était "vert" et dépourvu de toute conscience politique et encore plus virulent . Ce falot qui  affectait en public un laisser-aller vestimentaire post-moderne avait pour unique ambition de devenir calife à la place du calife et, comme le vizir Iznogoud, il n'en avait ni les compétences ni les capacités. Ainsi donc, en mal de pouvoir, il n'avait qu'une envie : celle d'exploiter l'occasion d'une élection partielle pour assouvir son ambition.

Quelquefois, il était même vert de rage face au Maire sortant qui, lui, se revendiquait "sans étiquette" mais qui gardait surtout son caractère "bien trempé" ! Les "gauchistes" de 1989 avaient le courage d'affronter le Maire de front, cet individu qui n'avait aucune compétence dans les affaires municipales était, en revanche : chafouin donc franc du collier comme un âne qui recule et se révélait surtout un habile manipulateur pour embrigader les faibles et également aussi dans ses manières de semer des chausse-trapes.

Or, dans ce conseil, un autre personnage avait été élu le dernier de la liste du Maire mais  ambitionnait une place d'adjoint. Déçu de n'être que simple conseiller et comme on dit : "qui se ressemble s'assemble", il se laissa manipuler par le citoyen vert qui n'attendait que cela. "Un sot trouve toujours plus sot qui l'admire." (Boileau). Ils devinrent amis comme Montaigne et La Boëtie.

Chamfort, moraliste français disait aussi que l'ambition prend aux petites âmes plus facilement qu'aux grandes comme le feu prend plus facilement à la paille et aux chaumières qu'aux palais. Toujours est-il que les deux complices invitèrent le reste du conseil lors d'une réunion clandestine en écartant, bien sûr, quelques fidèles du Maire et noyautèrent ce groupuscule. Deux conseillères incorruptibles, écœurées, et démotivées face à un fonctionnement qui ne leur correspondait plus, décidèrent de démissionner. Très Bien mais bon, un peu"courage, fuyons !". 

Voilà planté le décor : les deux derniers de la liste électorale enrégimentaient de force un bon groupe de copains dans le conseil qui, du reste, n'avaient tout de même que peu de personnalité. Le "vert" était donc dans le fruit ! 

Cependant, toutes les délibérations importantes ont été votées à main levée mais,  on voyait, à vue d'œil, la stratégie du conseiller vert visant à se faire élire Maire à la tête d'une majorité composée d'une partie de l'actuelle opposition et d'autres qui pourrait venir d'une éventuelle élection partielle... Bien qu'il n'en ait nullement les compétences, il pensait que seule sa carte de parti suffisait à lui donner le pouvoir.


Deux autres démissions pour raisons personnelles sont intervenues puis une autre s'est manifestée d'abord par ce qui pouvait être interprétée comme"petite prise illégale d'intérêt". Le Maire s'en aperçut et lui fit une remarque cinglante qu'il prit sèchement en le remerciant d'une démission donc chaude ambiance !

Les autres pour la plupart ont commencé à dérouler le tapis rouge de tous les coups bas orchestrés par le "vert dans le fruit" qui cachait ses façons de faire sous un masque d'hypocrisie sans nom. Il vous donnerait un baiser de Judas mais lui-même est davantage : encore : c'est un "baise en riant".      

Donc cinq démissions obligent la Municipalité à organiser une élection partielle dans un climat délétère à cause du vert et de ses copains. Il réussit à faire élire cinq conseillers bien ancrés à gauche,  lui devenant le chef de file. Immédiatement, ils demandèrent la démission du Maire qui refusa tout net ayant été élu au premier tour légitimement avec 60 % de suffrages. "Démissionner, pas question, ce serait trahir la confiance de mes électeurs ! on est embarqués dans le même bateau jusqu'aux prochaines élections".

Par ailleurs, au cours des deux années de mandat durant lesquels deux d'entre-eux ont siégé au conseil communautaire, les jugements furent sévères à leur égard : considérés comme piètrement inexistants : des ectoplasmes arrivés comme "un cheveu sur la soupe".  Ce changement dans la représentation communautaire ne fut donc pas bénéfique pour la commune, bien au contraire.

 


 carte humoristique :

"Les copropriétaires aimeraient que le ménage de l'escalier passe au bio Madame Ajax !
connaissez-vous les avantages du bicarbonate de soude additionné d'huile de romarin ?"
 

Deux conseillers ont compris - trop tard - qu'ils avaient été trompés par le mandarin vert.
Ils n'eurent pas le courage de démissionner à leur tour mais visiblement n'avaient plus la foi et venaient voir le Maire pour manifester du remords et étaler leurs états d'âme. 
C'était réparti encore dans ce conseil un clivage gauche-droite réactivée.


Il y avait là quelques "grandes gueules" qui voulaient imposer leur loi dans un conseil divisé. Ceux-là étaient comme les chiens qui divaguent dans le village, ils préféraient mordre par peur d'être mordus. C'est sans doute la raison pour laquelle certains ont hérité de surnoms comme " le rottweiler" ; "la pitbull"... enfin que des noms de chien au poil doux.

Quand on arrivait dans la salle de conseil, les palabres s'arrêtaient net, des mines suspicieuses vous détaillaient de la tête au pied tandis que d'autres réjouies, affables vous souriaient. Puis les discussions reprenaient avec des individus qui s'entrainaient à des joutes oratoires pendant que d'autres conseillers drôlement inspirés regardaient leurs crayons ou la pointe de leurs chaussures .

Les visages fermés des "chiens prêts à mordre" donnaient d'emblée la température générale. C'était presque "théâtral".

L'attitude de l'opposition était telle qu'elle ne faisait aucune preuve d'écoute et de volonté d'échange. L'ambiance se dégradait de jour en jour. Des tensions multiples ont électrisé la Mairie pendant plusieurs mois puis, courageux mais pas téméraires, constatant qu'ils ne pouvaient rien obtenir du Maire, les cinq conseillers et le Vert jetèrent l'éponge.

Faut-il rappeler que Monsieur le Maire (de l'époque) était un homme de fort caractère qui ne s'en laissait pas conter. Si un conseiller venait le voir en lui soumettant un avis ou un projet farfelu, celui-ci se faisait remettre à sa place illico presto ! Dès lors qu'un évènement se produisait,  son mouvement était d'imposer à l'action sa marque et son savoir-faire. Devant ses opposants, comme dans un plat en sauce, il avait tendance "à noyer le poisson".

Depuis que le Vert est au pouvoir, sa prestation fait regretter le précédent : il est accusé d'être "un capitaine de pédalo" pour reprendre une expression à la mode et pour l'observateur lambda, il est une certitude : le village s'est rendormi avec un chef sans ambition, sans dessein si ce n'est celui de faire de la politique. 

Ses discours beaucoup axés sur l'écologie pure et dure valent un somnifère. Je comprends mieux pourquoi les français préfèrent l'écologie aux écolos. L'écologie ne devrait pas être POLITIQUE alors qu'il en est réduit à un vague militantisme d'extrême gauche. En attendant, on en crève de la "moraline bobo".

Bref, revenons à 2006 où il y eut un retour aux urnes pour de nouvelles élections partielles qui virent une mini-liste présentée par le Maire élue au premier tour. Cependant, la sérénité ne s'amorçait pas encore...







Suite : voir l'article "Magouille et Cie arrivent au conseil".








LE JOURNALISTE LOCALIER ET LA NEUTRALITÉ DE LA PRESSE DU FLAGRE EN DELIRE , JOURNAL A GRAND TIRAGE

 Dans ce blog satirique, les lieux et personnages sont sortis de l'imaginaire et de strict invention.
Toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé et toute homonymie avec des noms propres et des noms de lieux privés ne serait que pure coïncidence.








Le débat sur l'influence des "médias" locaux ressurgit, la gauche et la droite s'accusant mutuellement de les utiliser en leur faveur. Lorsque la "gauche caviar" était dans l'opposition : elle en avait appelé aux journalistes locaux pour transmettre leurs "états d'âme". Et le journal de titrer sur la page cantonale juste après les heures et lieu du marché aux cochons qu'à GARSSON, la Démocratie était bafouée. Sauf que maintenant qu'ils ont les rênes du pouvoir, eux qui parlaient de la démocratie avec un grand "D" ; ne pratique même plus la communication sur leur journal communal "Les pieds dans l'eau". Ils ne donnent plus la parole aux associations, ils font les éditoriaux à leur place !




"Sans paroles".

Les Municipales qui nécessairement divisent puisqu'il faut s'affronter et choisir, demeurent soumises au traitement ordinaire de l'info locale quotidienne qui, elle, ne divise pas : elle choisit son "poulain" et aux dernières élections, en l'occurrence, le "petit courrier du Flagre en Délire" a choisi la vulgate gauchiste : les lèches-culs de l'éloquence. Ces clivages qui se superposent au sein d'un affrontement tripolaire transparaissent au travers d'articles d'une polémique récurrente.

Il faut rappeler de temps en temps aux médias que sous la fonction il y a une personne. et que l'homme public, normalement habitué à prendre des coups, n'a pas une carapace à toute épreuve.


Comment expliquer que le "Petit Courrier" qui dispose de plusieurs journalistes omette de rendre compte des avis et opinions du Maire en place alors qu'elle annonce et rend compte de celui de son rival si ce n'est que parce qu'elle aime trop la polémique en tout genre.







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