Chronique d'un village

Ce blog est destiné à vous narrer sous une forme satirique et humoristique les petites histoires d'un village que j'ai surnommé Garsson - c'est un village imaginaire que vous ne trouverez donc nulle part dans l'annuaire des villes et villages de France - mais il comporte de nombreuses analogies avec celui où je vis depuis une trentaine d'années.

Pendant tout ce temps et suite à des évènements divers, j'ai connu tous les ingrédients qui pourraient alimenter une sorte de gazette de village - celui-ci pourrait d'ailleurs se situer partout et n'importe où dans l'hexagone - à travers ses mœurs séculaires, ses non-dits et ses petites querelles mesquines.

Il y a de grands soirs où les villages meurent
Après que les pigeons sont rentrés se coucher.
Ils meurent, doucement, avec le bruit de l'heure
Et le cri bleu des hirondelles au clocher...

Henry Bataille (1872-1922)

dimanche 19 janvier 2014

MAIS QUELS SONT DONC CES BARBARES EN QUESTÍON ???




Dans ce blog satirique, les personnages sont sortis de l'imaginaire et de stricte invention : toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé et toute homonymie avec des noms propres ou des noms privés ne serait que pure coïncidence.










carte humoristique Germaine Bouret.


Depuis plusieurs décennies, le Maire adresse ses vœux à la population. Cette année, dans le bulletin municipal - un vulgaire document polycopié baptisé "flash info" qui ressemblerait plus à un tract syndical qu'à un bulletin municipal - c'est le mot du Maire qui pose question auprès des gens du village. En guise de vœux, le premier magistrat nous a administré une bonne potion anxiogène.


Notre édile n'est pas un littéraire, ça on le savait mais, cependant, si les paroles s'envolent, au moins, les écrits restent ... 

Et bien voilà, quand il ne voit pas rouge (*), le Vert broie du noir...

(*) il voit rouge surtout quand il surprend des habitants en train d'utiliser un désherbant chimique sur le trottoir.

D'emblée il nous parle "d'une année 2013 lourde d'incertitudes avec la menace d'un retour aux barbaries anciennes" (sic)  en 2014 ! Il en rajoute une louche un peu plus loin en parlant de "climat de morosité ambiante". (sic). Quand mon mari me disait qu'il faudrait en "écrire un livre". Au demeurant, il faut bien admettre que certains jours, il y a ample matière à dissertation...

Moi, quand on me parle de "barbares anciens" tout de suite, il me revient en mémoire des souvenirs de vieilles leçons d'histoire où Attila, roi des Huns qui était le chef des invasions barbares précipita la chute de Rome et la fin de l'empire d'Occident  ; mais, venu conquérir la Gaule, il fut obligé de  décaniller en vitesse, vaincu par une autre armée barbare. 

Cela se passait en 451, Attila, c'était celui dont on disait que l'herbe ne repoussait plus là où le sol avait été foulé par son cheval ! (pour l'instant, ce n'est pas le cas du village où l'herbe colonise les trottoirs depuis que nos édiles sont au pouvoir ... enfin, bon, les méthodes de désherbage ont changé)

Il faut bien dire que dans la catégorie des hordes de sauvages, dans ces temps-là, ils étaient plutôt bien servis !   Clovis 1er, roi des Francs, décapita un guerrier, en 487, en lui demandant,  par une phrase restée dans la mémoire collective et illustrée dans tous les manuels scolaires, de se rappeler au bon souvenir du "vase de Soissons". Cela n'empêcha pas le barbare franc d'entrer dans la chrétienté en se faisant baptiser en 496 à Reims et lorsqu'il entra pour le baptême, l'évêque l'interpella d'une voix éloquente : "Déposes humblement tes colliers Sicambre !, adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré !"

 
  
Bref, tout çà, c'est de l'histoire ancienne mais en reprenant la lecture de ce "mot du Maire", on se dit qu'il y a des jours où l'on peut se demander si l'on est bien réveillés ! 

Cependant, on mesure pleinement le degré de pessimisme et l'on comprend que l'heure n'est plus à la rigolade au sein du Conseil : oui, à coup sûr, la sinistrose est bien là et l'humeur de ces gens inquiète.

L'histoire aurait pu s'arrêter là. Mais voilà qu'on est en période pré-électorale et Radio-Ragot pour rumeurs et commérages marche à fond. Et Dieu sait combien ici, comme partout ailleurs, on aime le bruit de la rumeur...

Deux autres listes s'apprêtent à affronter celle du Maire et pendant cette période turbulente où il faut être branché sur toutes les radios, certains se grattent la tête en se demandant quels sont, parmi les citoyens qui vont guerroyer en Mars, ceux que le Maire pourrait bien désigner comme d'atroces  "barbares"  à la férocité primitive ?

A en croire le téléphone arabe et turlupinés par cette histoire de sauvagerie, lors d'une récente réunion, des habitants auraient interpellé le Maire qui s'est - parait-il - livré à un exercice pitoyable au cours duquel il aurait répondu "qu'il ne voulait pas insinuer qu'il voyait arriver des barbares à Garsson et qu'il s'était finalement mal expliqué" . 

S'il a pu nous rassurer (ouf !) sur un potentiel d'horreurs qui aurait pu nous tomber sur la tête en 2014, il aurait dû en convenir qu'en regardant quotidiennement les nouvelles du monde avec une avalanche de contrariétés (chômage, détresse, guerres, etc...) cela n'était pas sans plomber le moral des citoyens et visiblement le sien.


Il aurait dû méditer la maxime de Chamfort : " Combien faut-il avoir d'esprit pour ne pas être ridicule ?" Toujours d'actualité.





MAIS OU SONT LES BARBARES D'ANTAN ?


couverture du livre d'Abdelatif Benazzi de l'édition Hugo

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