Chronique d'un village

Ce blog est destiné à vous narrer sous une forme satirique et humoristique les petites histoires d'un village que j'ai surnommé Garsson - c'est un village imaginaire que vous ne trouverez donc nulle part dans l'annuaire des villes et villages de France - mais il comporte de nombreuses analogies avec celui où je vis depuis une trentaine d'années.

Pendant tout ce temps et suite à des évènements divers, j'ai connu tous les ingrédients qui pourraient alimenter une sorte de gazette de village - celui-ci pourrait d'ailleurs se situer partout et n'importe où dans l'hexagone - à travers ses mœurs séculaires, ses non-dits et ses petites querelles mesquines.

Il y a de grands soirs où les villages meurent
Après que les pigeons sont rentrés se coucher.
Ils meurent, doucement, avec le bruit de l'heure
Et le cri bleu des hirondelles au clocher...

Henry Bataille (1872-1922)

mercredi 23 décembre 2015

LE DERNIER SERPENT DE MER : LA BIBLIOTHEQUE MUNICIPALE


Dans ce blog satirique, les personnages sont sortis de l'imaginaire et de stricte invention : toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé et toute homonymie avec des noms propres ou des noms privés ne serait que pure coïncidence.


Les aventures d'un bibliobus rural durant sa tournée !





Voilà que l'on nous ressort encore le projet poussiéreux et dépassé de bibliothèque municipale présenté par des "déclinistes",  projet qui semble, bien évidemment, ne pas faire l'unanimité. On comprend pourquoi certains ne veulent pas cautionner ce projet "du passé" qui va directement plomber les finances communales.


Certains disent vouloir réhabiliter un vieux bâtiment en local avec activité de bibliothèque, un projet d'investissement pour une bibliothèque à l'ancienne, c'est un établissement culturel sans réelle utilité sociale en total décalage avec les médiathèques situées dans plusieurs villes de la région lesquelles donnent accès à tout un équipement médiatique. 


Au risque de se répéter car nous l'avons déjà écrit, cette histoire de bibliothèque municipale est totalement déraisonnable car vouloir réhabiliter un bâtiment extrêmement vétuste en un local de bibliothèque serait d'un coût exorbitant pour la commune. D'ailleurs, dans son dernier bulletin d'infos de mars, le Maire pose lui-même la question que, selon lui, certains se posent "Est-ce bien raisonnable un tel équipement dans un village comme le nôtre ?". En voilà une question qu'elle est bonne ! Là, c'est plutôt une interrogation qui pose question...

Enfin, pour justifier ce projet, comme d'habitude, il emploie des grands mots qui le dépassent "dans ces temps incertains...", et la meilleure : "la réalité émotionnelle de nos vies (?)".  On notera une certaine recherche dans l'assemblage des mots clés. Bref, quiconque aura lu (beaucoup ne le lisent même pas) ne peut pourtant qu'éclater de rire à la lecture de cet éditorial du Maire tellement il en a des visions comiques.
  
Il y a quelques années, Umberto Eco, le grand romancier italien, publiait un piquant recueil d'articles intitulé "A reculons comme les écrevisses" . Eh bien, c'est un peu ce qui se passe avec ce conseil municipal. 


En ce qui me concerne, et pour ce qui est de la "brillantine culturelle", pas besoin de me faire un tableau idyllique de la culture littéraire avec ses émotions,  je connais un peu quand même. Quand j'étais adolescente, je dévorais tous les livres : les livres de poche, le fantastique levier d'une lecture accessible à tous qu'on lisait à la plage avec le sable qui s'incrustait entre les feuilles quand la paupière se faisait lourde, puis,  au lycée, dans le bus : je lisais Camus, Claudel, Aragon, Prévert, Hémingway, Bernanos, Chateaubriant ... et j'en passe, depuis le premier "poche" (1953) Koenigsmark" de Pierre Benoit  qui coutait 2 francs. Pour une somme modique, on achetait un livre qui dépassait légèrement de la poche du manteau.

Plus tard, je fréquentais assidument la médiathèque après mon travail et je continue toujours beaucoup à lire. Je ne prétends pas qu'une bibliothèque municipale ne m'apporterait rien mais je crois qu'il faut évoluer avec son temps. Certains n'aiment pas l'idée du livre numérique préférant la sensation du papier entre les mains. Une liseuse électronique, c'est pratique et l'on n'a pas à tuer les arbres pour les imprimer.
Actuellement, je suis abonné à France Loisirs mais je lis aussi beaucoup d'œuvres grâce à e-book

Il y a aussi d'excellents sites de lecture sur internet (Babelio, Booknode etc...) et l'on peut lire aussi des romans classiques sur Atramentas. Babelio est à la fois un site web consacré à la littérature mais aussi un réseau social destiné à enregistrer des bibliothèques personnelles qui peuvent ensuite être partagées et commentées par les autres internautes. Booknode est aussi est un outil de création de bibliothèque virtuelle qui  permet d'obtenir des informations sur les différents livres et auteurs. Il permet de faire interargir ses membres à travers leurs goûts littéraires : il a dépassé les 100 000 membres fin 2013. Atramentas permet à des amateurs de publier gratuitement en lecture libre et ebook ainsi que Monbestseller.


Gérer une bibliothèque ne s'improvise pas :  celle-ci doit être administrée par une personne qualifiée et non par des bénévoles afin de pouvoir organiser, animer le local (expos) et savoir accueillir le public. Par ailleurs, l'école a sa propre bibliothèque donc l'argument scolaire ne tient pas la route.


Pendant ce temps-là, nos "politiques locaux" s'acharnent à dénoncer la baisse des subventions publiques, mais il faut bien savoir que les aides accordées aux bibliothèques en milieu rural ne sont pas automatiques et ne sont attribuées que sur des critères propres.   

Le modèle de bibliothèque traditionnel se sclérose mais aussi surprenant soit-il, "ils" persistent et signent. 

Laissons-les à leurs dérives quand le dernier jour de l'année 2015 au soir, c'est le réveillon traditionnel du jour de l'an et comme tant de français nous sommes allés faire la fête dans une petite bourgade à l'extrémité du département, soit près de 40 bornes de chez nous. En rentrant, à l'aube entre 3 et 4 heures du matin, nous avons traversé beaucoup de patelins : tous étaient restés éclairés toute la nuit, question de sécurité élémentaire et vitale en cette nuit de réveillon ; tous : sauf notre village évidemment qui était  comme d'habitude, privé d'éclairage nocturne. Plongés brusquement dans l'obscurité la plus totale, nous avons compris :  Etat d'urgence ? alors "ils" ont instauré le "couvre-feu" ; nous n'étions plus dans le pays des "lumières" !

Nos élus sont-ils de piètres logisticiens : Il y a trois armoires électriques dans la commune, il suffit simplement d'appuyer sur le bouton "dérogation" pour que tous les lampadaires restent allumés et ne s'éteignent qu'au petit jour : tout un équipement technique a été installé par l'ancien maire afin que les lampadaires restent allumés toute la nuit en cas de nécessité comme ce fut le cas pendant les inondations de 1995.  

De la bêtise verte à l'état pur !  








 image empruntée à bibliothèque jeunesse www.ucciani-dessins

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