Chronique d'un village

Ce blog est destiné à vous narrer sous une forme satirique et humoristique les petites histoires d'un village que j'ai surnommé Garsson - c'est un village imaginaire que vous ne trouverez donc nulle part dans l'annuaire des villes et villages de France - mais il comporte de nombreuses analogies avec celui où je vis depuis une trentaine d'années.

Pendant tout ce temps et suite à des évènements divers, j'ai connu tous les ingrédients qui pourraient alimenter une sorte de gazette de village - celui-ci pourrait d'ailleurs se situer partout et n'importe où dans l'hexagone - à travers ses mœurs séculaires, ses non-dits et ses petites querelles mesquines.

Il y a de grands soirs où les villages meurent
Après que les pigeons sont rentrés se coucher.
Ils meurent, doucement, avec le bruit de l'heure
Et le cri bleu des hirondelles au clocher...

Henry Bataille (1872-1922)

dimanche 10 juin 2012

UNE HISTOIRE NAUSÉABONDE RANIME LA GUERRE ENTRE DEUX COMMUNES VOISINES


Dans ce blog satirique, les personnages sont sortis de l'imaginaire et de stricte invention :
Toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé et toute homonymie avec des noms propres et des noms de lieux privés ne serait que pure coïncidence




carte humoristique




En 1975, un dépôt d'ordures situé sur la commune de Garsson déposé par la commune voisine de Passagué déclencha une série de polémiques très violentes. Il faut dire, en effet, qu'à cet époque, Passagué déposait ses ordures à Garsson et Garsson en revanche déposait les siennes à Passagué. 

Mais était-ce une coutume, près de deux cents ans après leur séparation que ces deux communes déposent leurs ordures chez le voisin ? toujours est-il qu'à Garsson brusquement, une poussée d'adrénaline devant les nuisances constatées souleva un tollé et... une pétition qui atterrit directement sur le bureau du Préfet lequel prend connaissance de cette histoire nauséabonde entre deux villages voisins alors que les pétitionnaires n'en ont aucunement référé préalablement aux maires de chaque partie.

Bien sur, les journaux locaux toujours à la recherche de polémiques en tout genre s'emparèrent de l'affaire et l'affaire fit grand bruit dans les "canards".

Les riverains se plaignaient d'être infestés par les mouches et les rats et gênés bien sûr par les odeurs et l'un d'entre eux déclarait même une perte de bovin.  

Evidemment, Passagué ne l'entendait pas de cette oreille et le fit savoir par voie de tract distribué dans les boites aux lettres de Garsson. Il faut préciser que le terrain de Garsson sur lequel était entreposé les ordures de Passagué appartenait au Maire de ce village.

Il y avait quatre pages (un vrai roman) sur lequel s'échinait Passagué. Nous en avons retrouvé que deux mais nous avons déjà beaucoup de prose...

Les littérateurs écrivaient en titre :

Garsson ou Clochemerle sur Pris

"Que de bruit, que de cinéma pour rien" pour un bien petit problème (petit pour ceux qui ne sont pas gênés...).


"Quel est le formidable objet du litige : un dépôt d'ordures qui fonctionne depuis deux ans sans avoir jusqu'à présent fait l'objet d'aucune réclamation, d'aucune critique" (Eh oui, jusqu'au jour OÙ la goutte d'eau fait déborder ou plutôt la goutte d'ordures fait déborder...)

Enfin reprenons la suite de la prose :

"Et puis, tout d'un coup une levée de boucliers contre cette pauvre commune de Passagué, qui "pollue, qui "tue" et rend la vie impossible à tout un quartier de Garsson"

" Mais cette réclamation est en quelque sorte clandestine... : on ne l'a pas faite au Maire de Garsson, on ne l'a pas faite au Maire de Passagué : les principaux intéressés, mais on s'empresse de faire le maximum de bruit, de recueillir bon gré, mal gré toutes les signatures possibles et l'on sait comment l'on obtient ce genre de signatures pour faire une pétition que l'on porte ou que l'on fait porter en grande pompe à la Préfecture ... qui n'en peut, mais...C'est du Clochemerle tout pur mais du Clochemerle modifié 1975" (alors là Passagué n'y va pas de "main morte", mais bon).

"Avec la fougue, la rage, la menace facile, l'intimidation propres à notre époque et auquel il faut ajouter un côté sordide où il est question de gros sous. N'aurait-on pas obligé, paraît-il le Conseiller Général à se laisser photographier au milieu du tas d'ordures" (Là, alors ce serait vraiment Clochemerle).

Une bête crevée : cela malheureusement arrive fréquemment chez tous les cultivateurs, chez tous les éleveurs et cela arrive très souvent bien loin d'un tas d'ordures. Mais si le Maire de Passagué avait écouté, par personne interposée le malheureux propriétaire.... s'il avait prêté une oreille attentive et qui eût fait payer même pas la commune, mais l'assurance, çà ne coûte rien (sic).  Mais il faut tout de même être sérieux et honnête :

- D'abord quant est morte cette bête ? impossible de le savoir exactement.
- Ensuite où est-elle morte ? également mystère.
Enfin, si elle est morte des suite de cette soi-disant pollution pourquoi ne pas avoir fait faire une autopsie et un examen officiels ?"

"Mais en fait que reproche -t-on à ces sacrées ordures de Passagué ?
-  d'avoir fait crever la bête en question ce qui bien entendu n'est pas du tout prouver même si cela devait bien arranger le propriétaire ;
- de polluer les sources sur lesquelles seraient installer ce dépôt d'ordures...

- de polluer les puits des habitations voisines."

 - et tout cela orchestré par un ou deux apprentis écologistes ; actuellement il en pleut des écologistes "de salon" (allons bon ! déjà en 1975, les écolos n'étaient donc pas en odeur de sainteté et cela dans tous les sens du terme).

Bref, le tract en question résume en disant qu'il s'agit d'une mauvaise querelle entretenue par "des écologistes fantaisistes, des esprits mal intentionnés pour certains et sordides pour d'autres".

Depuis 1975, l'eau a coulé sous les ponts et trente cinq ans après, d'autres écolos de dernières générations ont fait construire un lotissement à la place de ce fameux tas d'ordures... 
 






















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