Chronique d'un village

Ce blog est destiné à vous narrer sous une forme satirique et humoristique les petites histoires d'un village que j'ai surnommé Garsson - c'est un village imaginaire que vous ne trouverez donc nulle part dans l'annuaire des villes et villages de France - mais il comporte de nombreuses analogies avec celui où je vis depuis une trentaine d'années.

Pendant tout ce temps et suite à des évènements divers, j'ai connu tous les ingrédients qui pourraient alimenter une sorte de gazette de village - celui-ci pourrait d'ailleurs se situer partout et n'importe où dans l'hexagone - à travers ses mœurs séculaires, ses non-dits et ses petites querelles mesquines.

Il y a de grands soirs où les villages meurent
Après que les pigeons sont rentrés se coucher.
Ils meurent, doucement, avec le bruit de l'heure
Et le cri bleu des hirondelles au clocher...

Henry Bataille (1872-1922)

jeudi 7 juin 2012

FÊTES D'HIER ET FAITS DIVERS

Dans ce blog satirique, les lieux et personnages sont sortis de l'imaginaire et de stricte invention :
Toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé et toute homonymie avec des noms propres et des noms de lieux privés ne serait que pure coïncidence





Aux tout premiers jours de l'été a lieu le traditionnel "steack-frites" du comité des fêtes de Garsson animé par un bal gratuit en plein air et clôturé par un feu d'artifice. C'est toujours une fête très réussie qui draine beaucoup de monde dans la région et les bénévoles du comité des fêtes de Garsson s'activent fébrilement autour des stands et des fourneaux.

Avant guerre, cette fête avait lieu tous les ans au 15 Août, c'était une fête "nautique et humoristique" avec un grand bal gratuit et la compagnie des tramways avait fait, en 1936, un gros effort sur le prix des billets afin que les visiteurs puissent se déplacer en grand nombre !  Les bords de la rivière se mettaient - paraît-il - à l'unisson de l'air de la fête car les rues étaient parées de fanions multicolores. Un parking gratuit était mis à disposition des (nombreux ?) automobilistes lesquels étaient placer avec un peu de discipline volontaire, s'il-vous-plait,  par des commissaires dans la prairie réservée.

Voilà qu'à Garsson, déjà, on ne faisait pas les choses à moitié... 

Avant guerre et quelque peu après, jusque dans les années 50, avait lieu la procession de la fête-Dieu.  

Le jour de la fête-Dieu, tout le village se mettait en frais. Un estrade était dressé en un point stratégique du village revêtu, par les paroissiens, de linges blancs immaculés et brodés qui sentaient bon l'armoire profonde.

Dans un mouvement mécanique de balancier, le thuriféraire aspergeait les enfants de Marie de son encensoir fumant. En tête de cortège, bannière au vent, tout entouré d'enfants de chœur en rouge et blanc, le curé s'avançait et l'encensoir encensait. Derrière eux, la chorale composée de jeunes femmes aux robes fleuries chantaient gaiement "l'Avé Maria" de Lourdes suivies d'une kyrielle de petites filles parées de rubans et couronnes. Elles se miraient l'une dans l'autre tant elles étaient charmantes en tenant une corbeille de pétales parfumées avec des gestes gracieux. 

Derrière les filles, les garçons, guindés dans leur costume de premier communiant, devançaient les femmes arborant chapeaux et chapelets dans cette lumineuse chaleur de la mi-août. Les hommes fermaient la marche, le chapeau à la main, le mouchoir à carreaux dans l'autre pour éponger le front, la mine réjouie des paysans heureux. 

Après guerre depuis les années 60, la fête annuelle du comité des fêtes s'est déplacée dans le temps, elle se déroule désormais le premier week-end de juillet permettant aux organisateurs d'avoir la primeur pour le feu d'artifice alors que les ceux des communes avoisinantes sont tirés aux alentours du 14 Juillet. 

La fête nautique s'était transformée en fête de bateaux fleuris. C'était charmant et les spectateurs se pressaient le long de la Pris agglutinés sur la rive. Les présidents du comité des fêtes mettaient beaucoup d'ardeur à faire en sorte que cette réjouissance soit des plus réussie. Mais vaincue par le temps et surtout par les normes de sécurité, la fête s'est transformée au fil des années mais à chaque fois, toujours avec autant de succès. 

Dans les années 70 et 80, la kermesse annuelle du club de football démarrait la série des festivités dans le village avec, en prime, un concours de pétanque. Ces animations se déroulaient à la Pentecôte puis dans la foulée, c'était la kermesse paroissiale. A la fin du mois de juin, les écoles se mettaient à contribution avec un ball-trap pour l'école laïque et une représentation en salle pour l'école privée.

Aujourd'hui, la population de Garsson se situe dans la "moyenne", la "moyenne", c'est cette classe qui n'existe que lorsque l'on exige d'elle des efforts dans tous les gouvernements d'ailleurs. Les nouveaux arrivants intéressent la Municipalité dans la mesure où ils inscrivent leurs enfants à l'école ce qui n'empêche pas la menace d'une fermeture de classe cette année.

Les anciens - ceux qui ne sont pas partis à la ville - tapent le carton au club des retraités et de temps en temps la mort vient surprendre l'un d'entre-eux. L'autre jour, une ancienne présidente des "anciens" est morte brutalement. Pour son dernier voyage, je pensais trouver l'église bondée car tout le monde l'aimait bien cette vieille dame. Il y avait du monde dans l'église mais beaucoup moins que je l'imaginais. Même constat pour un ancien agriculteur. Même désagréable surprise et la seconde fut plus rude quand on s'aperçut que le conseil municipal n'était même pas représenté.  



      








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